Les digital natives

 

Les digital natives

Justine Salaün -Master 1  CMW

 

 

  1. L’évolution des générations
    1. Le numérique devenu indispensable
    2. Des parents devenus addicts et des enfants ultra-connectés
    3. Quand l’élève dépasse le maître
  2. Une société qui s’adapte aux nouveaux besoins
    1. Une vie facilitée quand tout est connecté
    2. L’école 2.0
    3. Les enfants, une nouvelle business target pour le numérique
  3. Les enfants connectés : évolution ou grand danger ?
    1. Dangers du web et inquiétudes des parents
    2. Avantages et inconvénients du développement des compétences numériques des enfants

IntroDUCTION

Depuis les années 1990, une révolution numérique s’opère dans le monde. La croissance des usages de l’Internet est telle que les outils numériques nous sont aujourd’hui devenus indispensables, quelles qu’en soient les utilités (professionnelles ou personnelles). Un quotidien 100% connecté, c’est désormais la vie de tous les jours de milliers de personnes dans le monde. Mais ce développement numérique n’est évidemment pas sans conséquence. J’ai voulu, par ce biais, réfléchir au futur des digital natives, autrement dit ces enfants d’aujourd’hui qui naissent et grandissent entourés de technologies toujours plus avancées et addictives. Éducation, loisirs, relations sociales, les nouvelles technologies permettent aujourd’hui d’avoir accès à une vie entièrement virtuelle. Une avancée technologique certes, mais un risque potentiel pour le futur comportement humain. Pour aborder ce sujet, nous verrons dans un premier temps comment s’est opérée cette évolution numérique dans les foyers. Nous parlerons ensuite des digital natives et de leur développement dans la société.

   I. L’évolution des générations

Le web et les technologies numériques sont aujourd’hui complètement ancrés dans notre société. Mais leur développement est relativement récent. C’est simplement à partir des années 2000 que le web débarque sur le marché public. Non accessible à toute la population, il va se répandre au fur et à mesure et prendre l’ampleur qu’on lui connaît aujourd’hui.

   A. Le numérique devenu indispensable

Le numérique permet tout et rend le monde entier accessible par le simple biais d’un écran. Cette évolution est d’ailleurs très vite devenue une véritable révolution dans notre monde et influence complètement notre comportement en société. Et même si les premières générations de personnes ayant eu accès à ces outils numériques ont peut-être été dépassées, celles qui ont suivi ont été complètement emportées par cette vague et surfent naturellement sur le web.

Le numérique, ce n’est plus seulement l’accès au monde virtuel via un ordinateur, c’est désormais l’utilisation constante d’applications sur smartphones et tablettes,  le développement d’objets connectés tels que les télévisions, montres, jouets, ou encore les frigos. Ces innovations qui paraissent folles ou futuristes pour certains sont simplement la continuité de l’évolution numérique et entrent au fur et à mesure dans les habitudes de la société. Tout est une question de génération… Les plus connectés d’entre nous s’approprient en un rien de temps les nouveautés technologiques qui voient le jour, tandis que les générations précédentes ont besoin, soit de plus de temps, soit d’un certain accompagnement dans les démarches, ou ne sont tout simplement pas intéressées par ces outils. L’intérêt est aussi différent puisque les besoins le sont. Les personnes de plus de 60 ans, à la retraite ou actifs, ne sont pas autant à l’affût des nouveautés que les moins de 20 ans. Malgré tout, elles se sont appropriées ces technologies et les utilisent au quotidien : ordinateurs, réseaux sociaux, smartphones. Et les raisons d’utilisation diffèrent. Pour les personnes plus âgées, le numérique sert principalement à prendre des nouvelles de leur familles, plus ou moins éloignée, à rechercher des informations pratiques, à suivre l’actualité d’organismes assez proches d’eux. L’utilisation de ces outils reste occasionnelle et basique. Pour les plus jeunes, les intérêts sont tout autre. Ils sont en permanence connectés et se servent autant du numérique pour rester en contact avec des proches que pour surfer dans le monde virtuel et se laisser porter au fil des découvertes. Ils achètent en ligne, se divertissent en ligne, discutent en ligne et y partagent leur quotidien. Certains parlent de perte de temps, mais il s’agit clairement aujourd’hui d’une addiction sociétale.

   B. Des parents addicts et des enfants ultra-connectés

Que nous soyons adolescents, adultes, parents ou encore senior, le numérique a aujourd’hui une place importante dans la vie de chacun. Il est devenu primordial de se connecter à la Wi-Fi lorsqu’on arrive dans un nouveau lieu, de rester connecté à ce monde virtuel que nous nous sommes créés. Et ce comportement que nous avons influe évidemment sur notre entourage. Se pose alors la question de l’éducation des enfants, et des futures générations. On le sait, l’éducation infantile se fait principalement par la copie des gestes et habitudes de leurs parents. L’influence qu’ils ont est donc majeure pour le futur épanouissement des enfants. Et c’est justement cette influence qui évolue de plus en plus, en fonction du développement des technologies numériques. Les générations qui ont grandi avec le développement du web sont aujourd’hui en âge d’avoir des enfants et sont donc la clé de la future génération. Et il y a d’autant plus de questions à se poser que les enfants de la génération 2000 sont complètement nés dans la technologie et avec des parents et de la famille déjà connectés à un monde virtuel.

Un tout nouveau genre d’éducation voit donc le jour depuis quelques années car grandir entouré de technologies numériques change forcément le comportement d’une personne. De nouvelles aptitudes se développent, les habitudes sont différentes de celles des générations précédentes. En analysant justement l’effet des écrans et de ces technologies sur le comportement, plusieurs conclusions se font connaître.

Avant l’âge de deux ans, l’utilisation d’écrans non interactifs (télévisions et lecteurs vidéos) est plutôt négative et peut entraîner entre autre des retards de langage, un déficit de l’attention et une attitude passive de façon générale. On se rend compte qu’avant l’âge de six ans, la possession de tels outils représente plus de risques que d’avantages. Les enfants développent notamment une pensée zapping dûe à l’internet et à la rapidité à laquelle tout leur est proposé. De plus, l’utilisation des réseaux sociaux, les tendances “selfies” et autres modes numériques entraînent une augmentation de l’égo sans précédent. Les jeunes ont l’impression que leur vie, leur quotidien est important au point que leurs contacts, amis proches ou non, voudraient en connaître tous les détails. Le succès sur internet des youtubeurs par exemple est basé uniquement sur ce principe. Ils parlent via des vidéos de leur quotidien, des choses de la vie de tous les jours qui peuvent arriver à n’importe qui. Les jeunes qui regardent ces vidéos se sentent donc liés à ce qui est dit car il peuvent vivre la même chose. Les communautés de fan se créent et un engrenage se met alors en route. Tout aujourd’hui peut rendre un internaute lambda un peu connu et donc développer considérablement son égo.

Un autre point à prendre en compte, c’est la dépendance. Il est nécessaire d’éduquer les jeunes à l’auto-régulation. C’est le rôle des adultes, des parents, d’inculquer à leurs enfants que l’utilisation des nouvelles technologies, du numérique, est avant tout un loisir et doit être pratiqué avec parcimonie. Même si cela parait inconcevable aujourd’hui, il est important pour le développement personnel de chacun, de créer une distance avec le numérique et la vie virtuelle. Pour autant, on imagine mal une vie sans ces technologies et on en est complètement addict. Les générations 1990 ont encore aujourd’hui une certaine distance et peuvent mettre de côté le numérique dans leur vie. En revanche, les personnes nées de la génération 2000 sont liées à leurs outils numériques et ne peuvent en aucun cas s’en passer. Les vacances chez les grands-parents sans Wi-Fi sont un calvaire, le camping n’en parlons même pas. Bref, une dépendance complète est notable chez les jeunes d’aujourd’hui. Et l’on peut imaginer que ça sera pire d’ici quelques années. Les enfants qui grandissent à l’heure actuelle ne seront même pas considérés comme addicts car les technologies numériques ne seront plus des nouveautés qui polluent notre environnement. Elles feront partie de notre environnement, de notre quotidien et les débats sur la distanciation ou l’éloignement des technologies ne sera plus d’actualité puisque personne ne pourra s’en détacher. C’est en tout cas ce qui est facilement prévisible pour les années à venir.

   c. quand l’élève dépasse le maître

On peut remarquer que le comportement des enfants face à la technologie a, au fur et à mesure, évolué vers un nouveau cap. Ils sont désormais plus adroits et plus connectés que leurs parents ! Les enfants d’aujourd’hui, nés entre 2005 et 2010, ont complètement grandi avec les technologies numériques. Ils ont grandi en regardant la télévision, en jouant sur les smartphones et tablettes de leurs parents, en partageant leur quotidien en image sur les réseaux sociaux. Bref, ils sont connectés. Et l’agilité infantile est irremplaçable. Ils sont capable de comprendre le fonctionnent d’un outil numérique plus vite que leurs parents, et cette petite révolution a en fait de grands impacts.

Il semblerait bien que nous vivions pour la première fois de l’humanité dans une ère où les parents apprennent de leurs enfants. En effet, même si les adultes ont, ou plutôt avaient, un temps d’avance sur la sortie de nouveautés technologiques, les enfants ont toujours beaucoup plus de facilités à comprendre les interfaces et retiennent parfaitement les manipulations à faire pour naviguer sur n’importe quel outil. Très vite, les lecteurs de musiques, les consoles de jeu, deviennent des outils du quotidien pour les jeunes tandis que leurs parents sont toujours en train de découvrir des fonctionnalités sur leur écran d’ordinateur. On peut voir depuis quelques années que la majorité des adultes ayant des enfant est quelque peu dépassé par la nouveauté et découvre les dernières technologies sorties parce que leurs enfants leur en parlent.

Cela peut s’expliquer notamment par le fait qu’un enfant seul aura les connaissances que ses parents vont lui apprendre. Mais les enfants sont dans un monde où être seul est rare. Entre l’école, les accueils scolaires, les associations sportives, etc, ils sont toujours en contact avec d’autres jeunes. Et c’est cette interaction, ce partage de connaissance quotidien qui va majoritairement entraîner le développement et la multiplication de nouvelles utilités numériques. On utilisera un ordinateur non pas pour faire un jeu éducatif que maman a trouvé, mais pour parler aux copains et leur envoyer des photos. De même qu’écouter de la musique sur un MP3 est devenu ridicule quand on peut regarder des vidéos sur internet.

    II) Une société qui s’adapte aux nouveaux besoins

   A. Une vie facilitée quand tout est connecté

La société dans laquelle nous vivons actuellement est, plus que connectée, devenue responsive. A chaque besoin exprimé, une réponse numérique est apportée. Nous ne nous en rendons même plus compte mais un foyer dans notre société actuelle, possède en moyenne 5,3 écrans (télévision, ordinateur, smartphone, tablette, console de jeu…). Nous sommes donc entourés au quotidien de technologies digitales, alors pourquoi ne pas en demander plus ?

L’homme se sert des technologies pour plusieurs raisons. Ce sont des vecteurs de contacts sociaux, des moyens de communication inédits,… mais ce sont surtout des moyens de nous faciliter la vie au quotidien. Au fur et à mesure, tout ce qui peut être connecté à vous le devient. Et l’art du marketing technologique se situe dans le fait que l’on rendent connectés des objets du quotidien sur lesquels on aurait jamais pensé avoir un tel pouvoir.

Dans un premier temps, les utilités d’internet et des applications sur smartphones concernait principalement des questions techniques. Rechercher une information pratique, un contact, connaître la météo ou la route à prendre pour aller à tel endroit. Puis les mentalités ont évoluées et les besoins que nous avions devaient désormais être accessibles de chez soi. C’est donc pour cela que sont apparus les services publics en ligne (aides sociales, sites internet des collectivités locales, procédures en ligne…). Et au fur et à mesure chaque acteur de notre vie est devenu connecté. La plupart des entreprises ont aujourd’hui un site internet ou une présence sur les réseaux sociaux, les moyens de transports que nous utilisons se sont également mis au numérique pour que vous suiviez votre parcours en temps réel ou que vous puissiez planifier un trajet. Bref, les éléments principaux de votre quotidien vous sont accessibles quand bon vous semble. Et nous avons passé le cap aujourd’hui de se dire que ce qui est étonnant n’est pas de retrouver tel ou tel service sur un site internet ou via une application, mais c’est au contraire de ne pas pouvoir tout faire via ces biais. Devoir se rendre en magasin, devoir aller faire la queue dans un établissement de service public, tout cela nous exaspère car nous voudrions tout avoir sans faire d’effort. Cette mentalité s’est véritablement développée en même temps que l’accès au numérique s’est démocratisé.

Et les choses vont de plus en plus loin aujourd’hui. Ce ne sont plus seulement les éléments extérieurs à nous qui sont connectés, ce sont également nos maisons, nos voitures, et même notre corps. Des applications permettent à chacun de surveiller sa maison et de la gérer à distance, de retrouver sa voiture ou de la verrouiller,… Et ce sont désormais des applications mobiles qui nous disent si nous faisons assez de sport, si notre apport calorique est trop ou pas assez élevé chaque jour. C’est dans ce monde là et avec toute cette technologie que grandissent les enfants. Alors comprendre leur façon de penser n’est pas d’une grande difficulté. Tout doit être à leur disposition, dès qu’ils en ont l’envie. Le numérique développe en effet une notion d’instantanéité qui devient un leitmotiv chez les enfants. Ils veulent tout, tout de suite. Et rien n’empêche que cela se produise.

B. L’école 2.0

On peut constater cette évolution du comportement des enfants face aux technologies digitales au quotidien. Pour le jeu, pour les loisirs, pour la prise de contact, chaque besoin peut-être comblé à l’aide numérique. Mais l’évolution remarquable de ces dernières années reste la digitalisation de nos établissements scolaires et de l’éducation en général. Un étudiant d’aujourd’hui a vu naître Wikipédia (2001), Facebook (2004), YouTube (2005) ou encore Twitter (2006). Il est donc habitué aux outils numériques pour leur utilisation quotidienne, mais l’école a clairement un rôle à jouer dans cette éducation aux médias du monde digital. Le système éducatif actuel a évolué et l’école est beaucoup plus qu’un moyen pour développer sa culture générale. Ancrée dans une société numérique, elle permet aux jeunes de maîtriser et de comprendre les outils qu’ils utilisent chaque jour. Le nouvel enjeu qui est apparu ces dernières années consiste à donner aux étudiants les connaissances et les compétences qui leur seront nécessaires pour vivre dans une société où l’environnement technologique va continuer à évoluer.

D’un point de vue éducatif, internet est un outil de production, de diffusion et de partage du savoir. Il est l’un des moteur du changement du système éducatif et des méthodes pédagogiques. En effet, l’usage d’internet permet aux enfants d’avoir un apprentissage actif, de développer à la fois leur autonomie mais aussi leur esprit d’entraide et de travail en collaboration. De plus, c’est un moyen d’adapter le travail au rythme de chaque enfant. Mais ce n’est pas seulement le fait d’utiliser internet à l’école qui est remarquable. Désormais, des techniques d’enseignement digitales se mettent en place dans les établissements scolaires du monde. Le but étant de fournir aux jeunes étudiants tous les moyens pour être complètement ancrés et à l’aise dans la société numérique qui les entoure. Pour ne citer que quelques exemples, la Corée du sud a désormais remplacé les livres scolaires par des livres numériques; en Thaïlande, en Turquie et en Inde, ce sont des tablettes tactiles qui ont été fournies à tous les enfants scolarisés. Enfin au Québec, les tableaux blancs numériques ont été installés dans chaque salle de classe du pays. Une révolution se joue donc actuellement et le but est clair, numériser nos écoles pour éduquer au mieux nos enfants.

Et pour éduquer les jeunes, certaines aptitudes sont nécessaires et des nouveaux programmes sont mis en place. Il faut dans un premier temps former les enseignants et le personnel scolaire à ces nouveautés digitales. Ce sont eux qui pourrons par la suite apprendre aux jeunes le comportement à adopter face au numérique. Mais l’aspect à ne pas négliger, c’est que ce sont les professeurs qui seront au centre de l’apprentissage des règles en usage des technologies et de l’internet et qui fournirons aux jeunes une vision des limites de leur liberté numérique. Ces connaissances sont nécessaires si l’on veut éduquer les jeunes car ces outils comportent de nombreux aspects négatifs et dangereux que seul une éducation pourra parer. Les médias numériques sont des outils d’émancipation et il faut donc contrôler leur utilisation. C’est le rôle de l’école, des professeurs et également des parents. Car pour eux aussi l’école se digitalise. En effet, chaque parent peut désormais suivre la scolarité de son enfant via les outils numériques. C’est généralement sur le site internet de l’école que les parents peuvent trouver un cahier de devoirs et un livret scolaire complet, un relevé des absences de leur enfant etc. De nombreux outils de soutien et d’aides aux devoirs sont également proposés et des outils d’apprentissage (par le jeu notamment) sont également mis à disposition pour les enfants. La numérisation des outils d’éducation est donc un avantage considérable pour les enfants et pour les parents; néanmoins il est nécessaire de contrôler l’utilisation qu’en font les jeunes.

La récence de ces installations ne nous permet pas vraiment d’avoir de retour factuel sur l’augmentation ou non de la productivité et sur l’amélioration de l’apprentissage chez les jeunes. En revanche, nous pouvons être certains que le fait d’utiliser ces outils dès l’école primaire permettra à chaque enfant d’être préparé aux futures évolutions technologiques que nous allons connaître.

 C. Les enfants, une nouvelle business target pour le numérique

Avec cette prolifération des outils numériques dans notre quotidien, il est difficile pour les parents de préserver leurs enfants autant qu’ils le voudraient. Entre la télévision allumée ou le smartphone et la tablette à portée de main, les enfants d’aujourd’hui ne peuvent échapper à l’attrait de la technologie. Et dans la société de consommation dans laquelle nous vivons, une opportunité n’est jamais laissée de côté. Une nouvelle technique de marketing s’est donc mise en place et consiste à viser les enfants pour atteindre les parents.

En effet, les enfants sont devenus un public cible car ils influencent clairement les décisions de leurs parents et ont en quelque sorte leur propre pouvoir d’achat. Les générations actuelles sont d’ailleurs différentes des précédentes car elles sont plus autonomes et ont un pouvoir décisionnel beaucoup plus important étant donné l’offre qui leur est proposée. Ce sont les consommateurs de demain et les séduire dès le plus jeune âge est la clé d’un succès sur le long terme. L’outil dont peuvent se servir les entreprises d’aujourd’hui est le “pouvoir d’embêter” des enfants; autrement dit le harcèlement auprès de leurs parents pour obtenir quelque chose qu’ils veulent.

Les entreprises spécialisées ont donc, depuis ces dernières années, choisi d’apprendre à se spécialiser en fonction de cette nouvelle cible. Elle connaissent désormais les besoins émotifs, sociaux et de développement en fonction de l’âge des enfants. C’est en se fondant sur une analyse des comportements des enfants, leurs mondes imaginaires, leurs créations artistiques et même leurs rêves que les entreprises développent des stratégies marketing adaptées et qui fonctionnent auprès de cette cible. Le but principale est de développer une reconnaissance de la marque pour fidéliser les enfants et donc les parents qui achètent et font confiance au produit et à la marque. A travers l’encombrement publicitaire dans le monde de nos enfants et la profusion des marques, se faire une place au sein d’une famille est idéal pour une entreprise spécialisée.

   III) Les enfants connectés : évolution ou grand danger

   A. Dangers du web et inquiétudes de parents

Depuis toujours, les enfant deviennent indépendant et autonomes au contact des autres. Mais le développement des technologies digitales a rendu cette indépendance encore plus forte et vaste. Et c’est à partir de ce moment que l’attrait des jeunes pour la technologie devient une inquiétude pour leurs parents. Dangers des contenus présents sur internet, présence non contrôlée sur les réseaux sociaux, tout est alors devenu préoccupant.

L’usage d’internet fait désormais partie de la vie quotidienne des enfants, et ce de plus en plus jeune. En effet, 93% des 9-16 ans vont en ligne au moins une fois par semaine (et 60% tous les jours ou presque)*. La modification notable de ces dernières années en terme de comportement sur internet, c’est le fait que les activités se diversifient de plus en plus. Les jeunes utilisent leurs outils numériques pour leur travail scolaire, pour jouer à des jeux, pour regarder des vidéos, parler à des amis etc. L’utilité n’est donc plus unique et la vie des jeunes d’aujourd’hui tourne beaucoup plus autour de ce monde virtuel qu’auparavant. Et ils n’ont pas pour autant pris conscience de ce que cela impliquait réellement. Ce qui est virtuel leur paraît loin et, en quelque sorte, irréel; d’où la difficulté d’imaginer les répercussions que peuvent avoir leurs actes dans la vie réelle, et en quoi les dangers dont parlent les adultes peuvent vraiment avoir un impact.

Les dangers les plus présents sur internet peuvent être classés en plusieurs catégories. Tout d’abord la pornographie, grande inquiétude des parents. En effet, de nombreuses images à caractère sexuel surgissent sur les écrans des sites internet aujourd’hui, et les enfants sont marqués par ces images. Le harcèlement est également un danger à prendre en compte car les réseaux sociaux ont largement facilité la publication (publique ou privée) de messages agressifs, blessants ou intimidants. L’esprit d’un enfant est, on le sait, assez maléable et influençable. L’impact de ce genre de messages reçus est donc fort car les enfants sont marqués et cela peut engendrer des soucis de vision de soi-même, de confiance en soi… D’autant plus si ces messages à son égard sont complémentaires à un harcèlement quotidien à l’école ou autre. Autre danger, celui de la communication avec des inconnus. Les réseaux sociaux, blogs et autres forums de discussion sont aujourd’hui le moyen privilégié d’avoir un réseau et de partager ses interrogations, ses envies et ses passions. Mais c’est aussi le moyen pour n’importe qui d’entrer en contact avec vous et cela ne paraît pas vraiment important aux yeux des jeunes d’aujourd’hui. Or c’est un véritable danger car, même si le nombre de rencontres réelles suite à une discussion virtuelle est faible, le danger est toujours présent quand on ne connaît pas la personne avec qui on discute.

Tous ces dangers dont on parle sont inquiétants en eux-mêmes, mais la cause principale de danger des enfants sur internet reste la méconnaissance des parents. En effet, très peu de parents savent tout ce que font leurs enfants sur internet, avec qui ils discutent, ce qu’ils postent sur les réseaux sociaux… Et si la plupart des jeunes n’ont pas d’expériences particulières vécues sur internet et dont il faudrait discuter avec un adulte, il n’en reste pas moins que ceux qui en ont ne veulent généralement pas l’avouer. L’aide qui peut leur être apportée est donc souvent tardive car les enfants ne partagent pas leur quotidien virtuel et gardent tout pour eux. Il est nécessaire pour les parents d’avoir une présence, certes un peu éloignée, mais rassurante auprès de leurs enfants pour que ceux-ci puissent se confier à eux au plus vite en cas de besoin.

*Retrouvez le sondage complet en Annexe.

   B. Avantages et inconvénients du développement des compétences numériques des enfants

Les générations actuelles (12-24 ans) ont grandi avec l’évolution des technologies numériques. Entre les jeux vidéos et les téléphones portables, ces jeunes ont clairement gagné des aptitudes cérébrales en termes de vitesse et d’automatisme, au détriment parfois de la maîtrise de soi et de la réflexion. En effet, les technologies numériques sont des outils puissants pour mettre les cerveaux des enfants et des adolescents en action et leur permettre d’explorer tous les mondes possibles. Mais ces avantages cognitifs et perceptifs peuvent s’accompagner d’une pensée zapping trop rapide et superficielle qui aurait un impact sur la mémoire et les capacités de synthèse personnelle. De même, une pratique excessive des écrans peut provoquer un manque d’activités physiques et sociales, de sommeil voir des risques accrus de troubles ultérieurs de la vision. Chez le jeune enfant, la consommation excessive d’écrans non interactifs (télévision et DVD) a des conséquences problématiques bien au-delà des premières années : prise de poids, déficit de concentration et d’attention, risque d’adopter une attitude passive… S’agissant des écrans interactifs, le problème principal est celui d’une éventuelle addiction. En effet, à la dispersion mentale causée par le numérique s’ajoutent de nouvelles formes d’addiction. Et cette succession d’effets mènerait les jeunes à des troubles du déficit de l’attention.

Néanmoins, ces innovations digitales n’ont pas que des inconvénient et participent à la construction des enfants. Ils remplissent en effet les besoins primaux de la pyramide de Maslow : besoin d’appartenance (société connectée), besoin de reconnaissance (mise en avant de soi) et besoin d’accomplissement personnel (faire seul – sans ses parents). Et étant donné l’évolution constante du numérique, il serait plus efficace pour les parents de développer un comportement adéquat envers leurs enfants et leur lien aux outils numériques, car ceux-ci ne vont faire que progresser et deviendront de plus en plus intrusifs.

CONCLUSION

Comme nous avons donc pu le voir, les digital natives que nous connaissons aujourd’hui sont la clé de l’évolution future des nouvelles technologies. Ciblés dès le plus jeune âge par le e-marketing, ils grandissent entourés d’outils numériques qu’ils maîtrisent mieux que leurs parents et sont donc les maîtres d’un véritable pouvoir d’achat.

La nécessité maintenant, ce n’est plus d’apprendre à se servir du numérique et de s’habituer à une présence connectée, c’est clairement de comprendre les enjeux que cela implique et d’inculquer aux enfants les risques et les dangers qui vont de pair avec ces technologies.

ANNEXE – Sondage (Eu Kids Online)

 

  • L’usage d’internet fait désormais partie de la vie quotidienne des enfants.: 93% des 9-16 ans vont en ligne au moins une fois par semaine (et 60% tous les jours ou presque tous les jours
  • Les enfants vont en ligne de plus en plus jeunes –l’âge moyen au premier accès est de 7 ans au Danemark et en Suède, et de 8 ans dans plusieurs autres pays d’Europe du Nord. Dans l’ensemble des pays, un tiers des 9-10 ans qui utilisent internet vont en ligne tous les jours, ce pourcentage monte à 80% chez les 15-16 ans.  
  • Internet est le plus souvent utilisé à la maison (87%), puis à l’école (63%). Mais les accès à internet se diversifient – 49% l’utilisent dans leur chambre à coucher et 33% via un téléphone mobile ou un autre appareil portable. L’accès par un appareil portable est le fait de plus d’1 enfant sur 5 en Norvège, Suède, Royaume Uni et Irlande.  
  • Les enfants ont une série d’activités en ligne variées et potentiellement bénéfiques: les 9-16 ans utilisent internet pour le travail scolaire (85%), pour jouer à des jeux (83%), regarder des vidéo clips (76%) et pratiquer la messagerie instantanée (62%). Un plus petit pourcentage met en ligne des images (39%) ou des messages (31%) destinés à être partagés avec d’autres, utilisent une webcam (31%), vont sur des sites de partage de fichiers (16%) ou un blog (11%).
  • 59% des 9-16 ans ont un profil sur un réseau social –dont 26% des 9-10, 49% des 11- 12, 73% des 13-14 et 82% des 15-16 ans. Les sites sociaux sont particulièrement populaires aux Pays-Bas (80%), en Lituanie (76%) et au Danemark (75%), et le moins en Roumanie (46%), Turquie (49%), et Allemagne (51%).  
  • Parmi les utilisateurs des sites sociaux, 26% ont un profil public – ces pourcentage sont plus élevés en Hongrie (55%), Turquie (46%) et Roumanie (44%); 29% déclarent avoir plus de 1OO contacts, mais beaucoup ont en bien moins.  
  • Parmi les utilisateurs des réseaux sociaux, 43% ont un profil privé avec un accès restreint à leurs “amis”. 28% ont un profil en partie privé seulement, avec un accès aux amis de leurs amis. On notera que 26% ont un profil public accessible à tout le monde.

 

*Ce rapport présente les premiers résultats d’une enquête originale qui a été conçue et réalisée par le réseau scientifique européen Eu Kids Online. Elle a été financée par le programme de la Commission Européenne Safer Internet, afin de produire des données pouvant servir de base aux politiques publiques en matière de sécurité de la navigation en ligne,  Un échantillon aléatoire et stratifié composé de 25.142 enfants de 9 à 16 ans, utilisateurs d’internet, ainsi que leurs parents, a été interrogé au cours du printemps et de l’été 2010 dans 25 pays européens.

 

SOURCES

« Learning with laptops : a multi-method case study » – Douglas GRIMES & Mark WARSCHAUER – University of California, Irvine
Sciences Humaines – Mensuel N° 252 – octobre 2013 – « Générations numériques : des enfants mutants ? »
SCIENCES HUMAINES – MENSUEL N° 252 « Écrans : attention danger ? » –  Xavier Molénat
« 3-6-9-12 Apprivoiser les écrans et grandir, Edition Erès.» – Serge Tisseron
« L’enfant face à l’offre technologique » – Jacques Perriault, 1979
« L’enfant et les écrans » – Jean-François Bach, Olivier Houdé, Pierre Léna, Serge Tisseron, 2013
http://www.cahiers-pedagogiques.com/Vers-une-place-pour-la-culture-numerique-a-l-ecole
http://www.franceinfo.fr/actu/education/article/numerique-l-ecole-40-ans-de-politique-publique-26959
http://www.cndp.fr/ecolenumerique/tous-les-numeros/classes-numeriques/le-numerique-a-lecole-primaire/article/article/quelle-ecole-numerique-a-lhorizon-2021.html
https://ries.revues.org/4129
http://www.observatoire-du-numerique.fr/usages-2/grand-public/equipement
http://blog.vodeclic.com/2014/01/29/les-francais-et-le-numerique-letude-2013-du-credoc/
http://www.culturemedias2030.culture.gouv.fr/annexe/15-fiches-culture2030-15-.pdf
http://psychologie-sante.tn/limpact-de-la-technologie-sur-lenfant-en-developpement/
http://www.anjoueco.fr/document-6896-2237-Enfants-et-consommation-l-ere-des-digital-natives.html
http://textinvaders.com/infographie-les-enfants-le-digital-et-la-famille-quels-enjeux/
http://mieuxvendreblog.fr/les-enfants-et-le-digital/
http://sante.lefigaro.fr/actualite/2013/01/22/19731-bon-usage-ecrans-avant-lage-2-ans
http://www.education.gouv.fr/archives/2012/refondonslecole/wp-content/uploads/2012/07/synthese_une_grande_ambition_pour_le_numerique.pdf
http://www.education.uci.edu/person/warschauer_m/docs/laptops-jecr.pdf
http://habilomedias.ca/publicite-consommation/comment-specialistes-marketing-ciblent-enfants
 
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