Réseaux sociaux et médias traditionnels

Fabiola Dor 

Introduction.
“L’industrie de l’information est en train de reconnaître entièrement la nature virale du web et l’avènement des médias sociaux”, indique le rapport 2009 du Pew project for excellence in journalism. Depuis près d’une décennie, les réseaux sociaux techniques comme Facebook ou encore le site de “microbloging” Twitter ne cessent de bouleverser les médias traditionnels (télévision, radio, presse en ligne). D’ailleurs d’après un sondage du journaldunet.com, si “un sondé sur deux se sert avant tout des moteurs de recherche, et notamment de Google, pour accéder à l’information. Les médias sociaux deviennent la deuxième source favorite d’information avec 13% des recherches, ex aequo avec la presse en ligne”.

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L’utilisateur reçoit une multitude d’informations sans consulter les références classiques comme la radio, la télévision ou la presse. Au fil des des années, les réseaux sociaux numériques ont complètement changé notre manière de consommer les médias. Cette utilisation à considérer au sens propre du terme. D’après la définition du Larousse, c’est “un procédé permettant la distribution, la diffusion ou la communication d’œuvres, de documents, ou de messages sonores ou audiovisuels (presse, cinéma, affiche,)”.

Dans ses débuts en 2005, Facebook et son milliard d’utilisateurs a joué la carte de l’amitié pour fédérer une communauté. Aujourd’hui, il s’impose comme l’une des principales sources d’informations. En revanche, son cousin Twitter arrivé en 2006 un an plus tard, se définit comme une plate-forme de discussion en 140 caractères. Le réseau social de l’oiseau bleu au 280 millions d’utilisateurs s’est positionné directement sur l’échange d’idées et de débats. En 2007, la grande vague des smartphones a favorisé l’émergence et le développement de ces nouveaux outils de communication. Si à l’époque, les médias traditionnels ont rechigné à prendre le tournant digital imposé par ces innovations technologiques, aujourd’hui ils ne peuvent s’en soustraire.

Les réseaux ont bouleversé les professions liées au média, mais ils ont aussi changé nos rapports au média en tant d’utilisateur. Les élections américaines illustrent parfaitement le phénomène. Depuis la nuit des temps, l’évènement politique est suivi par des millions de personnes du monde entier. D’après les chiffres publiés par Nielsen, un mesureur d’audience télévisuelle, en 2012, le débat entre Barack Obama et Mitt Romney avant les élections du 6 novembre a été suivi par près de 67 millions de téléspectateurs, un record d’audience.

Toutefois, cette année, d’après le baromètre du site journalism.org qui analyse les évolutions médiatiques, publiées le 4 février 2016, chez les 18-29, près de 35% suivent l’évènement sur les médias sociaux contre 5% chez les 50-64 ans. Un ratio bien plus important que la presse en ligne (18%) ou encore les célèbres chaînes câblées pourtant incontournables à l’époque. Seuls 12% des jeunes suivent les élections sur les chaînes câblées contre les 43% chez les plus de 65 ans. Ces disparités en fonction de l’âge de chacun pointent les différences générationnelles liées aux médias sociaux. Ces nouvelles pratiques, concernent plutôt un public jeune, c’est-à-dire les digitales natives. Ce terme désigne les personnes nés au milieu des années 80, et dans les années 90, communément appelés génération X,Y.

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L’idée est de comprendre : comment ces outils ont gagné du terrain ? Comment les réseaux sociaux ont-ils ont ils bouleversé nos rapports aux médias ? Il est également important de comprendre comment les réseaux sociaux ont changé la profession des journalistes ? Comment ces derniers s’adaptent ils face à tous ces évolutions ? Avec twitter, sommes-nous tous des journalistes ? On s’interrogera aussi sur les limites de ces outils ?

Dans une première partie, on tentera de comprendre comment toutes ces innovations technologiques ont bouleversé les médias traditionnels. Ensuite, on analysera comment ces derniers ont tenté de faire face à ces nouveaux outils. Enfin on étudiera les différentes perspectives liées aux réseaux sociaux.

I- Réseaux sociaux et médias traditionnels

1- L’impact des réseau sociaux sur la télévision :
Comme le montre les chiffres sur le débat politique entre Barack Obama et Mitt Romney, l’impact des réseaux dépasse amplement la sphère du web. Les réseaux sociaux ont complètement changé notre expérience de la télévision. Aujourd’hui un programme est commenté en live par les téléspectateurs à travers les réseaux sociaux. Il y a désormais un vrai pont entre la télévision et ces outils de communications.

a) Les réseaux sociaux favorise l’interaction
Avec les réseaux sociaux, l’interaction a pris une nouvelle forme. A l’heure actuelle les programmes sont imaginées pour être commentés sur les réseaux sociaux et notamment sur Twitter, qui favorise l’échange des idées et à la réflexion. Prenons l’exemple Des Paroles et Des Actes, une émission politique présentée par le journaliste de France 2, David Pujadas. Dès les premières minutes de son magazine de deux heures et cinq minutes, les téléspectateurs sont invités à interagir pendant l’émission avec le hashtag #DPAD, soit les initiales du programme. Un hashtag est un marqueur de métadonnées couramment utilisé sur Internet où il permet de marquer un contenu avec un mot-clé plus ou moins partagé. Le tweet est la forme de communication employé sur le réseau social Twitter. Il s’agit d’un message de 140 caractères maximum, qui peut contenir une image, un lien ou reprendre un autre tweet.

Tout au long de l’émission, le téléspectateur, commente, participe à l’émission pendant qu’il visionne le programme. Au fin des années, les tweets ont remplacé les questions par téléphone devenues désuètes. Twitter se positionne comme un véritable baromètre pour les programmes télévisées. Le nombre de tweets publiés permet d’identifier l’intérêt des téléspectateurs par rapport à celui-ci. Prenons l’exemple d’une élection comme Miss France. Aujourd’hui, avec l’avènement des réseaux sociaux, l’expérience est complètement différente. “En fait, le programme en lui-même est un peu gnangnan, confie Lucile, étudiante en journalisme. Ce qui est intéressant c’est le live-tweet, ce sont les échanges avec d’autres internautes et l’animation sur les réseaux sociaux qui est vraiment drôle”.

b) Le pouvoir de l’instantanéité
Dans le lot des nouvelles pratiques de communication, il y a le “livetweet” (c’est-à-dire retranscrites et commentées en direct via Twitter. Aujourd’hui, avec des outils comme Twitter, Snapchat, Périscope l’utilisateur peut suivre un évènement en direct sans y assister, il y a donc un rapport à l’instantanéité fort important. Il sait ce qui s’est passé bien avant les images du journal de 20 heures. Ainsi, les professionnels ont été dans l’obligation de s’adapter face à ces nouvelles pratiques et à la rapidité de diffusion.

Restons sur l’exemple de la télévision, au 21e siècle, les émissions sont “teasées”, et déployées sur plusieurs canaux de communication pour capter dans le but de faire perdurer l’expérience dans le temps. Ainsi, apparaît une vraie stratégie de communication mise en place pour faire durer le lien entre l’expérience à l’écran et la vie parallèle sur les réseaux sociaux. Avec toutes ces évolutions, les community manager ont un rôle important dans la diffusion des programmes et dans les rédactions. Ce qui entraîne l’arrivée de nouveaux métiers comme les “social media manager”. Ces derniers ont pour mission de penser une stratégie de communication. “Quand on sait, que bons nombres des lecteurs viennent d’un réseau social, sans passer par la home du site internet, explique Alexandra, community manager au sein d’un groupe de presse. Avec la course au clic, une grande partie de l’audience dépend de notre activité”.

2- Les réseaux sociaux bouleversent le journalisme traditionnel :
D’après la réflexion de Maeyer Juliette, “Être journaliste dans un environnement 2.0. Les médias belges face aux innovations technologiques”, Les Cahiers du numérique qui reprend Frank Rebillard, il s’agit de “conjuguer les différents courants de la sociologie de l’innovation technique, sans tomber dans leurs impasses théoriques respectives”, c’est-à-dire sans “tomber dans une idéologie de l’usager tout-puissant”. On analysera les avantages et les limites de ces outils.

a) Journaliste et réseaux sociaux : “Je t’aime moi non plus”
Avec les réseaux sociaux, les journalistes n’ont plus le monopole sur l’information. Grâce à ces nouveaux moyens de communication, tout le monde peut être témoin d’un évènement et le partager avec le monde entier dans la seconde qui suit. Une pratique qui donne naissance au “journalisme citoyen”. N’importe qui est témoin d’un évènement, il peut le partager avec sur la toile. Si en faisant cette action, il est vrai de reconnaître qu’il partage une information. La rapidité de diffusion l’information prime aux dépens de l’analyse. Si de nouveaux volets comme le “journalisme citoyen” apparaissent, paradoxalement, cela entraîne aussi une vraie réflexion sur le rôle des journalistes.

Selon Partick Champagne, “les médias ont le pouvoir constituer les problèmes de la société, de dire les mots qui font les choses, bref d’imposer une certaine vision du monde”, écrit-il dans son essai intitulé La Double Dépendance. Outre l’aspect critique de cette définition, on se concentrera sur le rôle journalistes censé fournir à l’opinion publique des pistes de réflexion lui permettant de comprendre la société. Les journalistes se voit attribuer la lourde responsabilité qui est de transmettre ces éléments de réflexion. Et ce par le biais de reportage, des enquêtes, des interviews…

b) Les réseaux sociaux, source d’information
Toutefois, on reconnaît qu’avec l’émergence de ces outils de communication, la profession est secouée. Aujourd’hui, il est assez courant que les journalistes soient informés par les réseaux sociaux. Ces outils s’inscrivent comme une véritable source d’information pour ces professionnels des médias. Par exemple, lors de sa démission au gouvernement le 27 janvier 2016, l’ancienne Garde des Sceaux Christiane Taubira s’est exprimée sur son compte twitter personnel avant de s’adresser aux médias traditionnels. Cette démarche montre bien qu’à l’ère des réseaux sociaux, le journaliste n’a plus l’exclusivité de l’information. Cela révèle également que les médias traditionnels ne sont plus le seul canal de communication disponible pour s’adresser à l’opinion publique.  

c) Réseaux sociaux : marqueurs de tendances
Si ces bouleversements s’inscrivent dans une suite logique liée aux innovations, nous tenterons de comprendre comment les journalistes tentent d’emboîter le pas. Comme l’indique le souligne Boczowski, “le journalisme a toujours été conditionné par la technologie”, il est donc évident que ces professionnels s’adaptent aux nouvelles pratiques. Si les réseaux s’inscrivent comme une véritable source d’information pour les journalistes, les réseaux sociaux s’imposent également comme des marqueurs de tendances. Ces outils permettent de savoir ce qui marche et ce qui intéresse l’opinion publique.

Comme le résume Steen Boschetti, président du Parti bourgeois-démocratique lors d’un échange avec le journal économique Suisse le BilanTwitter est l’endroit où envoyer des ballons d’essai. Les journalistes sont à l’affût et réagissent aux faits saillants”.

D’ailleurs, outre les journalistes, au départ plutôt réfractaires aux réseaux sociaux, les marques aussi ont compris le pouvoir de communication de ces réseaux. Des outils comme Instagram, Twitter, Facebook ont pris une place importante dans leur stratégie de communication. Dans une société fondée sur le savoir et la communication, la création de contenu a pris une place prépondérante dans la stratégie des marques. Un phénomène qui explique sans aucun doute l’essor des blogs.  

II- Les réseaux sociaux et nouvelles pratiques

1- Vers plus de pouvoir
Selon Maeyer Juliette “le journalisme en ligne à l’ère du web 2.0 constitue justement une des ces innovations considérées comme susceptibles d’avoir un impact sur la vie quotidienne : ne s’agit-il pas d’évolutions visant à améliorer la participation, donc la démocratie” ? Ne serions nous pas en train d’assister à un déplacement du pouvoir des médias entre les mains de ceux qui étaient “précédemment connus sous le nom de public”, s’interroge-t-elle. Lors des printemps arabes, par exemple, les réseaux sociaux ont été un véritable tremplin pour défendre des idées. Ces derniers ont pu dénoncer et fédérer une communauté de protestation grâce à ces outils et ont aussi permis de sensibiliser le monde entier.

a) les limites de ces outils ?
L’utilisation massive des réseaux sociaux entraîne une réflexion sur la véracité de l’information. Quelle est la crédibilité d’un individu à se prononcer sur un sujet ? Si les réseaux sociaux s’inscrivent comme une grande ouverture sur le monde en terme d’information. Il est important de pouvoir dissocier le vrai du faux. Même si son rôle est remis en question, le journaliste à ce rôle de gatekeeper : “l’idée de sélectionner et traiter l’information pour nos lecteurs ne disparaît certainement pas”, indique le journaliste. De même, elles font régulièrement appel aux valeurs constitutives de l’idéologie professionnelle des journalistes (qui appartiennent au même domaine de référence que le rôle de gatekeeper, celui du journalisme traditionnel) : éthique, objectivité et crédibilité.

b) Comment les médias peuvent-ils se démarquer face à toute cette information
S’il y a été démontré que les réseaux ont bel et bien changé la profession des journalistes, il est important de montrer que ces outils ne peuvent aucunement remplacer le rôle des journalistes. Mais le travail de fond et d’analyse est sans aucun doute la plus value l’avenir de ce métier. “Voir, un évènement et le twitter, tout le monde en est capable, explique Jade, étudiante en journalisme. A l’inverse, tout le monde ne dispose pas des ressources et des compétences suffisantes pour analyser et comprendre un sujet. C’est vraiment sur ce point que les médias peuvent tenter de se démarquer”. A en croire, cette étudiante, l’avenir de ce métier prend ses racines dans l’analyse et le décryptage.

2- Les réseaux sociaux avancent à grands pas dans le monde des médias

a)Facebook tente de se positionner comme un média
En mai 2015, une dizaine d’éditeurs ont signé un partenariat avec Facebook leur permettant de publier leurs articles directement au sein de la plateforme. “Des médias comme New-York Times, Buzzfeed et NBC News en indiquant qu’ils publieraient directement des articles au sein de la plateforme”, indique le journaldunet.com. Ce produit intitulé Instant Articles, de gagner du temps Un véritable enjeu pour Facebook a mesure que les usages basculent sur le canal. Comme l’indique Le Figaro, cette initiative porte de nombreux avantages pour Facebook qui a un grand intérêt à se positionner sur les médias. Avec plus de 90% du chiffre d’affaires venant de la publicité : “Les éditeurs pourront aussi laisser le réseau social jouer le rôle de régie publicitaire, et recevront dans ce cas 70% revenus. Facebook aura quoi qu’il en soit l’avantage de voir ses utilisateurs rester plus longtemps au sein de l’application, et donc être exposé à un plus grand nombre de publicités par ailleurs”.

b)  Snapchat : bientôt un média ?
Depuis quelques temps, Snapchat tente de diversifier son offre en misant sur la nature éphémère de ses contenus, elle est vite devenue une messagerie puissante et depuis peu une plateforme qui compte bien dépoussiérer l’info pour ses 100 millions de jeunes utilisateurs. Depuis son lancement en 2011, le réseaux social a tenté d’innover en termes de fonctionnalités pour devenir plus pertinent dans la restitution de l’information : l’exclusivité, le crowsourcing, l’éditorailisation, et la personnalisation ont peu à peu été intégré. D’ailleurs, les ados ne sont plus les seuls à se laisser par Snapchat. Ces Stories sont le plus souvent utilisées pour couvrir des évènements, comme la Fashion Week ou la visite du Pape à New York pour The Times, et offrir au public des contenus exclusifs tournés en backstage, des interviews minutes… Le fait de devoir poster la vidéo (ou la photo) directement après l’avoir prise (on ne peut pas aller chercher de contenus dans la galerie du téléphone), ajoute de la spontanéité et l’authenticité recherchée par les snapchatteurs. Pour parvenir à créer des contenus de qualité, Snapchat a donc recruté des journalistes, dont Peter Hamby, un ancien de CNN. “Quand j’étais à CNN, on couvrait un évènement avec plusieurs caméras… avec les Live Stories, on peut couvrir un évènement via différentes perspectives avec les caméras de tout le monde, dans certains cas des milliers de caméras… et c’est très puissant !” a-t-il expliqué dans une interview pour KUT”.

La Live Story la plus populaire serait “Snowpocalypse” qui relate l’expérience d’une tempête de neige à New York en janvier dernier : la vidéo de 3 minutes a enregistré près de 25 millions de vues en 24 heures. Quelle chaîne TV peut se targuer d’une telle performance ?

c) la chasse au clic
La guerre des audiences et la chasse au clic est-il responsable de tous ces bouleversements ? Ces annonces de Snapchat vont dans le sens de Mark Zuckerberg qui tente d’expliquer aux grands médias que Facebook est largement mieux armé qu’eux pour faire le job de la diffusion d’infos. Facebook noue ainsi de plus en plus de partenariats pour héberger directement les contenus des médias et non plus renvoyer vers leurs sites. Laurent Solly, directeur général de Facebook France, expliquait récemment que les internautes français consacraient 20 % de leur temps passé sur Internet à leur page Facebook. Si la plupart des grands médias rechignent encore à franchir le pas et espèrent encore pouvoir monétiser prioritairement leur propre audience, Buzzfeed assume pleinement de n’accueillir que 23 % de son trafic. Les 77 % restant le sont par Snapchat, Facebook et autres.

Conclusion :
Depuis 2005, les réseaux sociaux gagnent du terrain. Au fil de ces années, ces outils de communication qui n’avaient pas été pris en compte par les médias au départ ont réussi à trouver leur place à la télévision, à la radio. Désormais considérés comme de vrais outils de communication, on a vu apparaître de vrais spécialistes des réseaux sociaux comme les community manager, ou les social média manager.  Toutefois, cette omniprésence des réseaux sociaux suscitent une vraie réflexion sur l’avenir des journalistes ! Si ces outils ont bel et bien entraîné des changements dans dans la profession de ces derniers, l’essence de ces professionnels des médias prend ses racines dans l’analyse et le décryptage de l’information. Ce dernier a pour mission de donner des pistes de réflexion à l’opinion publique. En clair, il a pour mission d’éclairer les zones d’ombres. A l’heure actuelle, on parle plus d’adaptation de ces derniers par rapport aux réseaux. Une chose est claire, les réseaux ont bouleversé les médias et ces derniers sont dans l’obligation de combiner avec ces outils de communication. Surtout quand on sait, que les réseaux sociaux envisagent encore plus de rapprochement avec le monde des médias.

Sources
Webographie : URL :
www.cairn.info/revue-les-cahiers-du-numerique-2010-1-page-157.html. http://www.20minutes.fr/medias/1692055-20150921-snapchat-facebook-premiers-medias-mondiauxhttp://www.prodigemobile.com/reseaux-sociaux/infographie-evolution-reseaux-sociaux/

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