Le revenge porn, reflet d’une société patriarcale ?

Camille Clément, Pierre Crochart, Mathilde Mesbah, Jasmine Morvan

Definition

Le revenge porn, traduit “porno-vengeance” est la divulgation en ligne sans consentement de contenu pornographique généralement au sein d’un couple. Les images ou vidéos intimes sont diffusées après une rupture par revanche. Les contenus peuvent être hébergés sur des sites spécialisés ou diffusés sur des faux comptes des réseaux sociaux. L’attaquant crée alors une autre vie en ligne et répand des rumeurs.


Introduction

En 2010, Hunter Moore créé le site isanyoneup.com, reprenant à son compte une rubrique du sulfureux magazine en vogue dans les années 80 Hustler. Cette rubrique consistait en un diaporama d’images amateures, à caractère pornographique. Bien souvent, les légendes de ces photographies laissaient apparaître des informations sur l’identité des femmes ainsi mises en avant sur le magazine. Voilà pour le premier bout de la longue ficelle du revenge porn. Is Anyone Up, revenons-y, se pose comme un véritable réseau social laissant la possibilité à ses membres de publier photos intimes et identités de femmes et d’hommes avec qui ils ont pu avoir des relations sexuelles. L’affaire fait grand bruit. Deux ans plus tard, une importante mobilisation en ligne s’organise pour faire en sorte que la “pornographie non consensuelle” soit criminalisée.

Aujourd’hui, ils sont nombreux à se mettre au diapason pour lutter (passivement) contre le revenge porn. De Reddit qui a durci sa politique en matière d’images à caractère pornographique à Twitter et Facebook qui se veulent plus à l’écoute des potentielles victimes, la protection des données ainsi que le fameux “droit à l’oubli” semblent constituer un nouveau cheval de bataille pour les géants du Web.

Pourtant, la pratique perdure et ses pratiquants trouvent des moyens toujours plus ingénieux pour satisfaire leurs pulsions vengeresses (nous y reviendrons). Si les politiques progressent et permettent aux victimes de se sentir moins vulnérables à d’éventuelles publications, force est de constater que le revenge porn constitue toujours une possibilité, et donc une crainte de la part de nombreuses femmes. Pour cause, aux Etats-Unis, certains contrats de mariage prévoient justement des clauses [1] relatives aux publications sur les réseaux sociaux.

S’intéresser au revenge porn, ce n’est pas seulement scruter la pratique et les personnes qui y versent. C’est également constater qu’il ne s’agit pas moins que du reflet de sociétés qui ont toutes les peines du monde à considérer la femme comme étant l’égale de l’homme. Car qui dit vengeance dit représailles, dit torts. On peut imaginer que le revenge porn se caractérise par la vengeance d’une personne sur une autre qui l’aurait trompée, par exemple. Mais le champ d’action est bien plus étendu, et se rapporte en réalité à toute personne ayant pu, un jour, être jeté par une personne proche sentimentalement parlant. Autrement dit, l’humiliation vécue serait telle qu’elle nécessiterait une vengeance, une punition. Une idée qui renvoie bien à celle d’un rapport dominant•e / dominé•e. Le revenge porn est en réalité proche d’une autre tentative de discréditer la gent féminine : le slut shaming. On loue volontiers les hommes à la sexualité débridée, mais regardons d’un drôle d’air les femmes qui se revendiquent de la même liberté. Un état de fait que les nombreuses Slut Walks ont bien tenté de minorer, en tentant de se réapproprier le terme de “salope” comme étant mélioratif [2].

Ainsi, notre objet pose en réalité deux problèmes : un problème de politique publique — qui tend à pointer que la politique et la législation peinent à s’accorder au rythme des publications en ligne —, et un problème de mentalités dans nos sociétés patriarcales. Par quels mécanismes un homme en vient-il à penser qu’il est, sinon dans son bon droit, acceptable de se venger d’une ex-petite amie en publiant des photos intimes d’elles ? Pourquoi tous les voyants semblent indiquer que, effectivement, le revenge porn n’est finalement rien de plus qu’une énième manifestation de la divergence de perception qui règne encore entre les deux sexes ? C’est ce que nous explorerons dans cet exposé en abordant dans un premier temps l’aspect législatif le plus récent censé protéger les victimes de revenge porn, puis en nous intéressant à un cas concret en détricottant ses tenants et ses aboutissants.


Image

L’image que l’on donne sur Internet a pris de l’importance. Elle reflète la pression sociale. Lorsqu’on choisit de publier du contenu personnel, on ne publie pas des contenus qui peuvent compromettre notre image ou on publie à des cercles restreints de proches. On ne se montrera pas dans une position qui ne correspond pas à une certaine norme.

La production de soi en ligne est ici indissociable d’une exigence communicationnelle, d’échanges et de dialogues avec des tiers car ce sont eux qui vont agréer positivement ou non la demande de reconnaissance ainsi formulée. [3]

L’e-réputation est la réécriture de l’image publique, de la représentation sociale. Par cela elle se plie aux règles de la communauté et respecte une certaine pudeur. La pudeur et la honte sont l’objet de nombreux mythes à travers différentes sociétés. On peut penser à la honte d’Adam et Eve en découvrant leur nudité ou au tabou des désirs primaires lorsque Oedipe se crève les yeux face à la honte de se découvrir lui même. Parmi les mythes qui reflètent ces notions, l’idée de “revenge porn” est manifeste dans le mythe de Mars et Vénus dans lequel Vulcain, mari de Vénus, surprenant les deux amants, invite tous les dieux de l’Olympe contempler la scène de tromperie pour les ridiculiser.

La revanche devant une trahison par la ridiculisation dont découlerait l’exclusion de la société n’est pas neuve mais dispose de nouveaux outils.


Vengeance

Selon le sociologue néerlandais Sebald Rudolf Steinmetz, la revanche est intimement lié au sentiment de supériorité et se déclare lorsqu’un individu est blessé dans son égo [4]. Exacerbé par les réseaux sociaux, l’humiliation de l’autre par la dégradation de son image en ligne, se présente aujourd’hui sous différentes formes : cyberharcèlement, trolling, shaming, chantage, revenge porn.

Il existe un certain sentiment d’impunité lié d’une part au phénomène d’inhibition lié à l’anonymat et à la multiplication de contenu indécent et pornographique en ligne. Le rapport au sexe et à l’exhibition évolue. D’autre part la justice ne semble pas maîtriser les problèmes d’identité numérique. La législation est encore balbutiante. Il est rare que les plaintes mènent à des condamnation pour les auteurs de revenge porn. Par ailleurs, la CNIL défend difficilement les lois numérique comme le droit à l’oubli face aux géant d’Internet.

La législation pour le revenge porn est très récente, le premier pays à en adopter une étant Les Philippines en 2009. Depuis, différents états ont mis en place des lois spécifiques. [5]

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Google à mis en place un formulaire de demande de retrait de contenu pour les victimes de ces attaques [6]. Des plateformes comme Facebook et Twitter ont annoncés avoir renforcé les règles de publication pour faire face à cette nouvelle forme d’attaque informationelle. Malgré tout, des contenus peuvent rester en ligne. Facebook est d’ailleurs aujourd’hui en cours de procès suite à une photo qui n’a jamais pu être bloqué sur une “shame page” (page de la honte) [7].


En France, un appareil législatif tardif pour une application difficile

Le projet de loi pour une république Numérique [8], présenté le 9 décembre 2015 et adopté le 28 septembre 2016, a été mis en place pour palier au vide juridique face à la multiplication des pratiques liées au revenge porn lors des dernières années. Depuis l’application de cette loi, la pratique du Revenge porn est désormais passible de deux ans d’emprisonnement et de 60 000 euros d’amende.

En sus, le projet de loi numérique français prévoit une mesure concernant le droit à l’oubli, applicable notamment pour les mineurs. Permettant à la France de rattraper son retard sur la réglementation européenne, ce point législatif permet, pour un mineur, de demander la suppression d’un contenu le concernant et qu’il ne souhaite plus voir en ligne (photos, vidéos publiés un réseau social par exemple).

Grâce à cette nouvelle loi, le revenge porn sera maintenant considéré comme un délit par la loi française. Hier, c’est l’article 226-1 du code pénal qui permettait de réprimer ces différents actes, en interdisant de capturer et de diffuser l’image d’une personne se trouvant dans un lieu privé. Or, cette loi s’avérait caduque pour défendre le revenge pron puis qu’une personne prise en photo était présumée “consciente” de la prise de vue et ne pouvait ainsi pas poursuivre son auteur sans qu’une marque manifeste de désaccord puisse être observée (ce qui posait des problèmes en cas de séparation ultérieure par exemple).

La nouvelle loi est ainsi plus claire et interdira formellement  « de porter à la connaissance du public ou d’un tiers tout enregistrement ou tout document portant sur des paroles ou des images présentant un caractère sexuel, obtenu, avec le consentement exprès ou présumé de la personne ou par elle-même ».

Selon Axelle Lemaire, secrétaire d’Etat au numérique, le droit est aujourd’hui suffisant et les problèmes résideraient dans l’application de la loi par un manque de coopération des grandes plateformes du numérique [9].

Babylone 2.0

Preuve s’il en fallait que la législation actuelle ou naissante ne suffit pas, Facebook France a fait fermer il y a quelques jours le groupe privé “Babylone 2.0”. Fort de quelques 52 000 personnes, ce groupe avait pour objet le partage de photos et vidéos prises à l’insu des conquêtes des membres du groupe. L’existence de ce groupe “certifié pêches perso” — autrement dit, interdit de partager des photos trouvées sur le net — a été révélée par l’intermédiaire de Chrystelle Charlier, blogueuse du site 2 girls 1 mag [10]. La blogueuse révèle non sans effarement les us et coutumes de cette page.

Introuvable via le moteur de recherche du réseau social, on entre dans la bande via cooptation. Ce sont les administrateurs de la page qui décident qui a droit de cité face à cet autel du revenge porn. Il est intéressant de noter qu’il existe malgré tout des règles au sein de cet espace de diffusion. Déjà, des règles préalablement établies par Facebook lui-même. On le sait, le réseau social de Mark Zuckerberg est assez réactionnaire lorsqu’un téton a le malheur de se glisser sur une photographie postée sur ses espaces. Aussi Babylone 2.0 faisait attention à ce qu’aucun ne soit visible sur les publications. Une “charte” a également été rédigée par les administrateurs du groupe pour éviter tout épinglage par le réseau social. Chrystelle Charier raconte [11] : « Ils mettent clairement dans le règlement du groupe que les femmes ne doivent pas être reconnaissables, qu’on doit pas voir de téton et qu’on ne doit pas communiquer les noms. ».

Reste qu’il aura fallu une dizaine de jours, une importante mobilisation sur les réseaux sociaux ainsi que sur Change.org [12] pour que Facebook France réagisse et fasse fermer la page. Un acte considéré comme une demi-mesure par beaucoup. Comme le pointe Kobini [10] dans un long article s’attardant sur le cas de Babylone 2.0, de très nombreux groupes gravitent dans la nébuleuse du revenge porn sur Facebook. C’est notamment le cas de “Garde la pêche”, une page qui récupère dans ses filets tous les orphelins de Babylone. Plus “policé”, ce groupe interdit explicitement les photos de “pêches persos”, explique Konbini. Seules les images dénichées en ligne, et publiées directement par les filles en question (sur Instagram par exemple), sont autorisées sur la page. Une façon de rester dans “les clous”, et de ne pouvoir se faire reprocher qu’un goût douteux.

Qu’est-ce qui peut pousser ainsi un groupe d’individus à se masser pour moquer, et porter en disgrâce des individues n’ayant strictement rien demandé, et ignorant pour la plupart même être la cible d’internautes ? Les sociologues Claudine Haroche et Jean-Claude Vatin nous fournissent des éléments de réponse :

On serait ainsi passé de conditions de travail humiliantes et exténuantes qu’avait observées Marx à des conditions générales d’existence imposant à chacun un rythme, une accélération, une vitesse qui mettraient en cause les capacités psychiques mêmes des sujets. Ces formes sont diffuses, continues dans des sociétés de désymbolisation, de déritualisation, de dérythmisation, où l’individu bénéficie de moins en moins de protections préservant les valeurs démocratiques, ces besoins, ces sentiments et ces droits moraux que constituent la dignité, le respect, la considération de la personne humaine” [14] .

Autrement dit, ce seraient nos sociétés modernes extrêmement individualistes, et a fortiori notre mode de vie numérique qui impose une rigueur de chaque instant pour ne pas ruiner sa réputation, qui rendrait les “harceleurs” plus virulents. Il faut comprendre que nous vivons effectivement sur des bases labiles. Notre identité numérique revêt une importance capitale — si elle n’est pas déjà aussi considérable que notre existence seule. Certains se seraient faits spécialistes dans l’abaissement et l’humiliation, justement parce qu’ils savent et sont conscient d’à quel point notre e-réputation est primordiale de nos jours. Il est en revanche intéressant de noter que, s’ils déploient tant d’effort à salir des jeunes femmes à coup d’images non consenties, leur propre réputation pourraient être mise à mal si un jour leurs agissements venaient à être révélés au grand jour. Il y a donc quelque chose du “jeu”, quelque chose de l’ordre de la transgression d’un interdit dont les agresseurs peuvent devenir des victimes du jour au lendemain.

Voilà justement quelque chose qu’un groupe de femmes a essayé de faire peu avant la fermeture de Babylone 2.0. Comme le raconte l’article de Konbini, certaines se sont infiltrées dans le groupe en utilisant le compte d’un ami ou d’un conjoint, avec pour objectif de récupérer la liste du nom des membres et de la diffuser. Une opération qui a connu un succès modéré, en cela que Babylone 2.0 “bannit tous les nouveaux membres qui n’ont pas publié de photo dans les cinq minutes après leur arrivée sur le groupe”.  Précisons tout de même que ce groupe d’intervention ne souhaitait diffuser que la liste des noms, et en aucun cas jouer le même jeu que ces hommes en diffusant leurs photos.

Du reste, certains administrateurs ont eu vent que certaines femmes ont pu être introduites dans le groupe, et ont lancé un appel à la vigilance au sein de la page. La même chose s’est produite sur le groupe renaissant “Partage ta pêche maison”, où l’on pouvait lire le message suivant :

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Les prochaines fois ceux qui tente de faire rentrer “l’ennemi” seront considérés comme collabo et de ce fait bannis…” (sic). Le terme utilisé est extrêmement fort et éclairant. “Ennemi”. Ce genre de groupe ne serait donc qu’une espèce de cloaque réservé aux misogynes ? Inexact, selon l’article de Claudine Haroche précédemment cité. Dans cet article de revue psychologique, la sociologue revient sur un ouvrage important de Albert Memmi s’intéressant aux mécanismes de l’humiliation appliquée au cas du colonialisme. On peut y lire :”le colonialiste a besoin de l’existence du colonisé et de l’annulation de l’autre […], il lui faut nier le colonisé et en même temps l’existence de sa victime lui est indispensable pour continuer à être” [15]. En lisant attentivement l’article, on se rend compte qu’un certain déterminisme semble régir les règles de la domination et du plaisir qu’on peut en retirer. L’humiliation ne serait donc pas affaire de pays, de confession religieuse ou même de sexe, mais émanerait d’une supériorité ressentie comme étant effective dans nos quotidiens. Ce n’est un secret pour personne : nous vivons encore, en 2017, dans des sociétés éminemment patriarcales. Les femmes sont moins payées que leurs homologues masculins, leurs opportunités de carrière se réduisent comme peau de chagrin dès lors qu’elles ont eu leur premier enfant, et de manière générale la culture populaire a encore du mal à intégrer que la femme n’est peut-être rien de bien différent qu’un être humain. Autant d’éléments qui donnent à penser aux hommes qu’ils exercent une posture dominante sur ce qu’on appelait encore il n’y a pas si longtemps le “sexe faible”. Peut-être ces hommes n’ont-ils pas le sentiment de pouvoir exercer un contrôle sur quoi que ce soit d’autre dans leur vie de tous les jours ? Peut-être la simple pensée qu’ils puissent être considérés comme dominants à l’égard de la gent féminine leur permet-il de ressentir un bien-être les poussant à verser dans le genre de pratiques qui nous intéresse aujourd’hui.

Une histoire du harcèlement de la femme

L’affirmation et surtout le respect des femmes dans la sphère publique a fait du chemin depuis le siècle dernier. Pourrait-on croire. Car si l’on y regarde de plus près, les cas de revenge porn n’offrent rien en pâture sinon des manifestation gênantes d’une arrière-garde conservatrice. Pourtant, depuis la révolution sexuelle des années 70, la “condition” féminine n’a jamais été aussi prise en compte. Pourquoi un certain type d’hommes se croit-il en danger face à ces balbutiements paritaires ?

Si l’on en croit Ada Garcia et Isabelle Dumont [16], toute forme de violence faite aux femmes n’est rien d’autre que la manifestation d’inégalités sociales. On peut dresser un parallèle évident avec les cas de revenge porn et même de slut shaming. Cette pratique, connexe, consiste à humilier des femmes sur le constat de leur sexualitée est sinon débridée, assumée. En réalité, un groupe comme Babylone 2.0 a plus à voir avec le slut shaming [17] que le revenge porn, en cela que dans la majorité des cas publiés sur la page, il ne s’agit que de relations sans lendemain. Et c’est justement en cela que l’observation de Garcia et Dumont est pertinente : parce que ces hommes se sentent supérieurs  — et d’une certaine façon intouchables, car leur sexualité n’est jamais stigmatisée — le fait de se moquer, ou pire, d’humilier des femmes qui assument une relation libre leur semble justifié. Un mécanisme de pensée qui revient à dire que le corps de la femme est dû à l’homme, et que — paradoxalement — si elle s’offre à lui, cela constitue un péché duquel elle doit être punie.

En réalité, le slut shaming et son pendant du revenge porn ravivent les vieux mythes conservateurs qui professent “qu’une victime de viol a également sa part de responsabilité”. Parce qu’une femme porte des vêtements provocants (soulignons par là même le caractère parfaitement subjectif de ce qui est considéré comme “provoquant”), Elle “le chercherait”. Elle “n’attendrait que ça”. La boucle semble ainsi bouclée, et on constate que le problème est profondément enraciné dans la façon dont nos sociétés modernes continuent d’enfermer la femme dans des carcans qui manquent d’échappatoires sans le recours à des politiques publiques qui mettent l’accent sur l’égalité des sexes. On peut noter comme exemple de la banalité de la culture du viol le film “Elle” de Paul Verhoeven, fortement critiqué par la presse féministe en 2016. Il raconte l’histoire d’une femme victime d’un viol qui loin d’être traumatisé, fantasme sur son violeur. Les mentalités individuelles ont malgré tout un rôle important dans ces perceptions passéistes des femmes. Il y a sans doute, parmi les 52 000 personnes membres de Babylone 2.0 et ses rejetons, certains hommes simplement misogynes. Peu probable en revanche, que ceux-là représentent la majorité des intervenants. Comme nous avons tenté de le démontrer, le revenge porn et le slut shaming émanent moins de convictions profondes que de la perception que, les modèles de société étant ce qu’ils sont, les comportements “débridés”, ou plutôt semblables à celui des hommes de la part des femmes sont considérés comme déviants. Une déviance au sens beckérien du terme.

Howard Becker a dédié une part importante de sa vie à la théorisation de la déviance, au début des années 60. Il a notamment travaillé sur la perception des déviances liées à la marijuana et à la musique Jazz. Il considérait comme déviant toute personne a priori membre d’un groupe social qui s’écarte des normes préétablies par son point de vue, ses valeurs ou sa façon d’agir, créant ainsi une transgression. Néanmoins Becker ne limitait pas sa définition de la déviance au seul déviant. Pour lui, les personnes qui “étiquettent” un individu comme déviant ont aussi leur rôle à jouer dans le processus. Si l’on reconnaît que nos sociétés sont encore majoritairement patriarcales, on peut en déduire que les normes sociales sont définies par des hommes. Or, si la France est désormais mieux armée pour défendre les femmes en cas d’agression / de discrimination de toute sorte, d’autres pays occidentaux en sont encore à des considérations fortement bloquantes pour le progrès social. Exemple : la Belgique14, qui a tout de même attendu 1997 pour élargir la notion de viol à la sphère familiale (et donc de pouvoir protéger les femmes victimes de violences conjugales) [18]. Ainsi, les femmes seraient à considérer comme un groupe social — de fait — distinct de celui des hommes, en cela que la loi est inégale et prévoit des dispositions différentes. On voit bien l’importance de la politique dans les perceptions générales et dans la perception générale de ce que certains hommes peuvent s’approprier comme une position dominante sur la gent féminine. Selon cette acception, être une femme est faire partie d’un autre groupe social — “l’ennemi”, comme dirait l’administrateur de la page Facebook sus-citée —, et jouir de son corps et de sa sexualité serait se poser en déviante par rapport aux normes imposées à ce groupe.

Rétablir l’équilibre du consentement

Si le nouvel amendement contre le revenge porn, défendu notamment par l’action de Catherine Coutelle (alors président de la délégation aux Droits des femmes à l’Assemblée Nationale), comble le vide juridique française, il n’en reste pas moins que les actes de revenge porn sont souvent subis comme des viols virtuels par les victimes, qui doivent gérer un flux incessant de harcèlements en ligne.

Si les victimes peuvent aujourd’hui trouver dans le système pénal un soutien législatif (et dans certains pays seulement) , qu’en est-il de leur vie après la divulgation de contenus ? Dans la spirale du harcèlement, les contenus partagés sont presque ineffaçables, chaque internaute les partageant ayant la possibilité de les sauvegarder pour les remettre en ligne plus tard, sur d’autres sites. Nous l’avons vu précédemment, le revenge porn repose sur la divulgation non consensuelle d’un contenu intime.

L’un des principes de reconstruction tient ainsi sur le rééquilibrage cet aspect consensuel et a pu être démontré par une journaliste danoise. En 2011, Emma Holten voit son compte mail et Facebook piratés, très vite, des photos de la journaliste nue sont diffusées et la danoise doit faire face à d’innombrables messages de harcèlement de la part d’internautes inconnus. Face à ce flot de haine, et à l’incapacité pour elle d’effacer ces images du net, Emma Holten décide de rééquilibrer la balance en faisant appel aux services d’une photographe pour une série de portrait ou elle se dévoile seins nus dans des situations de la vie quotidienn

Cette solution, tout sauf parfaite, a permis à Emma Holten de faire passer un message aux vertus pédagogiques ou “le consentement est la clé”.

Revenge porn, hacker et sextorsion

Le Revenge Porn est en réalité en terme globale qui comprend différentes pratiques. Outre la vengeance d’anciens amants, on a pu voir d’autres types d’abus liés à la diffusions d’images à caractère pornographique.

On a pu voir les nombreux cas médiatisés de personnalités dont des contenus pornographiques. Paris Hilton, Mathieu Valbuena, Kim Kardashian, Cameron Diaz… Tous ont été victimes de Hackers ayant volé des contenus soit directement sur leurs disques durs, soit en récupérant les images des webcams en direct.

En volant ces contenus, les hackers peuvent effectuer des chantages. Lorsqu’il s’agit de personnalités, il est le plus souvent question d’argent. Cependant il arrive que des Hackeurs se servent de contenus pour faire pression sur des quidams. Cela peut s’exprimer par la demande de rançons mais aussi par des demandes de faveurs sexuelles en échange de la non diffusion des contenus obtenus. On a vu apparaître dans les médias le terme de ”sextorsion” suite à ces pratiques.

Bien qu’à première vue, sextorsion et revenge porn portent tout deux sur la diffusion sans consentement de contenus intimes sur internet, ces deux faits se démarquent par la motivation de leur diffuseurs. En effet, si dans le cas du revenge porn, la motivation est la plupart du temps sentimentale et exprime une volonté de vengeance par l’humiliation, la sextorsion s’exerce pour sa part dans un objectif pécunier sans ressentiment particulier. Cette différence est fondamentale puisque dans un cas, le diffuseur a accès aux données librement alors que la sextorsion repose le plus souvent sur le piratage d’un compte en ligne (google, iCloud) pour pouvoir s’emparer des données.

L’apparition de la sextorsion, et par extension du revenge porn, s’inscrit dans une hausse des pratiques numériques et de la démocratisation de la sauvegarde de contenus intimes sur ces nouveaux supports (smartphones, disque dur, cloud). Notre enquête (voir questionnaire) a montré que près de 30% des personnes interrogées ont ou ont eu des contenus intimes sauvegardés numériquement. Ce résultat répond à une précédente étude IFOP [19] qui en 2015 montrait déjà que 28% des personnes interrogées (- de 25 ans) se disaient prêtes à se filmer pendant le sexe tandis que 11% l’avaient déjà fait.

Cette évolution des moeurs chez les moins de 25 ans et la disponibilité de moyens d’enregistrement de plus en plus puissants (1080p, capacité mémoire accrue) crée ainsi mécaniquement un nouveau “marché” de pression pour la sextorsion. Ces nouveaux dangers sont d’autant plus importants qu’une majorité de personnes ne sécurisent pas assez leurs données (35% selon notre questionnaire), ou utilisent un compte de cloud sans double vérification.

L’objectif de la sextorsion étant de faire pression sur une personne en divulgant des contenus pouvant porter atteinte à sa réputation en et hors ligne, ses principales victimes sont souvent des personnalités jeunes.

L’un des derniers exemples de ce type de chantage et de ses conséquences est celui qui a touché Karim  “MrLev12”, un youtuber français très populaire qui compte plus de 2 millions d’abonnés. Après un piratage de ses données personnelles, ce créateur de contenu s’est vu menacé par le pirate de la diffusion d’une supposée sextape. Sans véritable recours possible et ne voulant pas céder à ces menaces, Karim “MrLev12” a prévenu sa communauté que si la diffusion était fait, il suspendrait ses activités publiques sur la plateforme vidéo de Google.

Au contraire du revenge porn ou le diffuseur est plus facilement identifiable, les auteurs de sextorsion bénéficient aujourd’hui du retard de la législation et des difficultés pour les services concernés de retrouver les pirates. Cependant, et comme pour le revenge porn, ce type de chantage est maintenant concerné par la loi pour une république numérique et punit sévèrement les auteurs.  

Questionnaire : échantillon de 240 personnes

Bien que différentes études autour du revenge porn soient présentes et consultables sur internet (notons notamment l’étude réalisée par l’IFOP en 2015 pour la plateforme CAM4 et orientée vers les 16-25 ans), nous avons souhaités, afin d’appuyer notre propos, concevoir et diffuser un questionnaire anonyme pour nous permettre de représenter quantitativement et qualitativement l’image et la représentation du revenge porn dans notre environnement proche. Le questionnaire suivant a ainsi été diffusé via nos comptes Facebook personnels sous couvert d’anonymat pour les répondants. Nous avons par ailleurs conscience que ses résultats sont à relativiser en raison du mode de diffusion et des répondants potentiels.

Il convient par ailleurs de noter que les résultats affichés pour les questions 3-5-6  sont issus de compilation de verbatims dans une sélection de thèmes génériques.

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Témoignages
Lucie, serveuse (24 ans)

  • Victime d’une publication d’une vidéo intime à son insu commenté d’un lien vers son compte instagram
  • Active sur les réseaux sociaux et peu sensibilisé sur les paramètres de confidentialité des différents réseaux sociaux.
  • Personne étant confiante, postant régulièrement des photos d’elle, des selfies. Goût particulier pour Instagram, qui est son réseau social préféré.

“J’aime me prendre en photo et les publier sur insta.., les partager avec les autres, lire les commentaires positifs ou négatifs d’un selfie montrant ma nouvelle couleur de cheveux. Échanger avec des amis ou même des inconnus autour d’une image que j’ai produit, qui me représente, que j’apprécie, ça m’est agréable. Ça me fait passer le temps, plus simplement. »
Ce n’était pas tellement la divulgation de cette vidéo qui m’a fait le plus de mal. Je me suis souvent imaginé la même situation sans que je sois explicitement citée. J’en aurais voulu vite fait à ce mec, un peu de honte mais personne n’aurait fait de lien direct avec ma personne. Je dis pas que ça ne m’aurait pas touché du tout, mais au moins ça aurait été un truc entre lui et moi. C’est plutôt le fait d’être identifié pas seulement par mon nom mais surtout par un lien vers mon profil Instagram. C’était mon petit plaisir ce compte, faire des posts avec beaucoup de likes…

Fait intéressant que la victime est moins touché par l’acte de publication de la vidéo intime en elle-même que par la répercussion sur sa vie numérique. Comme si son estime d’elle était plus touchée à travers ses photos d’instagram que les images d’elle dans une situation intime.

Chaque photo de mon Insta où on voyait un petit décolleté léger, des mecs mettaient des commentaires insultants

J’ai rien contre les haters et les mecs qui crachent des commentaires méchants. Il y en a tout le temps et c’est gratuit. Mais là, c’est comme s’ils avaient des arguments.

Maya, étudiante en droit (21 ans)

  • Après avoir mis fin à une relation d’un an avec cet homme l’ayant trompé plusieurs fois et que Maya a essayé de pardonner à chaque fois, cette jeune fille a ainsi coupé tout contact avec cette personne qu’elle qualifiait de réellement haineux envers elle.

    “Il me donnait l’impression d’être le genre de type à ne pas accepter qu’on lui dise non, alors que j’ai été bien clémente à son égard … Ce malade a quand même gardé pendant 2 ans des vidéos de moi, avant de les divulguer lâchement il y a 3 mois ”

Publication d’une première vidéo, de Maya sortant de la douche et dansant dans sa salle de bain. Puis l’ex en question publiera dans la semaine qui suit une deuxième vidéo de cette jeune fille allongé, dénudée s’adressant à la caméra.

  • Si le mot « porn » du terme Revenge Porn fait spontanément pensé à des publications d’ébats à proprement parlé, le cas de Maya montre un aspect plus méconnu de ce phénomène : c’est la divulgation de l’intimité plus que d’un acte sexuel. Les réactions et commentaires représentent un brouillage entre l’érotisme et la pornographie.

« on ne voyait même pas mon visage, il a bien mis mon @ de twitter histoire de bien m’humilier »
« comment est-ce que ça a pu m’arriver ?! Il y a eu tellement de retweets … ça allait trop vite, la vidéo a été partagée plus de 300 fois… j’étais tellement tétanisée que j’ai même pas penser à couper mon compte. Très vite, J’ai eu beaucoup de demandes d’ajouts à mon compte  de vieux mecs : forcément, ils ont vu mon derrière.

  • Plus qu’une simple divulgation de l’intimité de cette victime, le net a été le théâtre d’une humiliation mais il est aussi devenu un lieu de discrimination raciale autour de cette publication.
  • Si les chiffres parlent de 90% des victimes de Revenge Porn sont féminines et que la consommation de ces publications est majoritairement masculine, Maya témoigne de la participation bien présente des filles dans cette humiliation publique, dont la participation est moins dénoncée.

Il y avait des raisons différentes à ces ajouts. Des “Ah je te baiserais bien” ou alors au contraire “Regarde, comment tu me dégoutes”. J’ai même eu un “De toute façon, c’est toujours les noires qui font des trucs comme ça”,“ça doit être une malienne, celle là”, »Mais elle est tellement noires qu’on voit rien sur  »

Les réactions des filles étaient pires « Regardez moi ça, c’est dégueulasse, elle a même pas de cul, j’ai plus de fesses qu’elle, hahaha ». Un tweet qui m’a marqué, c’est « Ta mère doit bien avoir honte, tu feras rien de ta vie »… Ca les rassurait de voir ça, apparemment. Elles se disaient toutes qu’il y avait pire qu’elles…

Culture du viol, Traditionnalisation/Repolarisation des rôles de l’homme et de la femme vue comme ….

  • Si le phénomène de revanche numérique impliquent une solicitation et une participation des liens faibles des profils des internautes touchées par cette revanche, une répercussion sur les liens forts de ces profils est tout de même présente. Les proches des victimes devenant à leur tour « victime », même sur un réseau social comme Twitter dont Maya avait une utilisation moins personnelle que Facebook.

J’utilise twitter pour suivre des journalistes, des écrivains, des médias. J’y suivais majoritairement des personnalités et des twittos que je ne connaissais pas dans la vraie vie  Et malgré ça, cette vidéo a même été jusqu’à mon petit frère, qui ne m’a plus adressé la parole pendant quelques mois.
(…) Si encore, ça ne concernait que moi mais là, ma famille était aussi la victime dans cette histoire.

regre

« Devant toute cette haine, j’ai fini par me dire qu’ils avaient raison : que oui, j’étais une pute. On est pas considéré comme des victimes, mais comme des coupables. T’avais qu’à pas te laisser filmer… Les gens le disent et on fini par le penser. (…) On passe de la fille que personne connait à Maya la pute « 

Conclusion

Il existe dans le Revenge Porn des problématiques multiples liés d’abord au fait que la publication est le fait de nombreux acteurs : les individus postant les contenus, les victimes, les plateformes et entreprises du net social, les hébergeurs. En ce sens la pénalisation est extrêmement complexe, même si elle tend à s’améliorer. Certaines grandes entreprises d’Internet ont mis en place des outils pour pouvoir retirer certains contenus. Cependant le nombre de cas est de plus en plus important. En plus des longues durées de procédures dues aux nombreuses démarches, au nombre d’entités concernées par la publication d’un contenu, de la coopérations et de la bonne communication des différents organismes, etc, les victimes ne trouvent pas toujours gain de cause et peinent à obtenir les bons interlocuteurs. La législation n’est pas toujours évidente à appliquer car encore lacunaire. Il faut d’abord pouvoir amener les hébergeurs à supprimer les contenus en justifiant la procédure et par ailleurs pouvoir identifier les auteurs, qui peuvent s’anonymiser, De plus, il peut y avoir des conflits lorsque les photos proviennent des victimes. Il est courant que des personnes échangent des informations personnelles ou intimes à des conjoints en situation de confiance mais la diffusion de ses images décrédibilise les victimes qui peuvent alors être considérées fautives. On peut y voir une comparaison avec les cas de harcèlement sexuel au travail ou les victimes peinent à obtenir justice lorsque soupçonnées d’être consentantes.

Le phénomène reflète par ailleurs une société toujours patriarcale, aidé par le sentiment d’impunité lié à l’anonymat. L’inhibition grandissante des sociétés occidentales qui se diffuse dans les médias notamment avec des émissions toujours plus provocantes et à une image souvent dégradante et sexualisé des femmes dans l’espace public expose une problématique ancestrale de soumission des femmes. Le respect de la dignité de l’autre est toujours au coeur du débat. On voit qu’il existe des communautés de haters qui savourent la souffrance des victimes. Les auteurs de commentaires humiliants se révèlent d’autant plus envenimés d’une part comme pour l’expérience de Milgram, grâce à l’anonymat et d’autre part par le sentiment d’appartenance à ces communauté. L’humiliation devient alors un exutoire sadique. Le shaming est considéré pour beaucoup comme un jeu comme un autre, pour d’autre comme une idéologie de supériorité par rapport à un groupe d’individu.

On voit bien qu’à l’heure du web social, la vie en ligne est indissociable de la vie sociale. La présence en ligne est inévitable et entretien la présence d’informations disponibles par tous. L’identité numérique est alors forgée pour plaire. Les gens postent des informations privées qui ne peuvent pas toujours disparaître.  En ce sens les travaux sur le droits à l’oubli sont primordiaux dans l’avancement des procédures, car la diffamation en ligne peut avoir des répercussions considérables sur la vie des individus qu’il s’agisse de relations personnelles ou professionnelles. Comme pressenti dans le film Gattaca, les individus cherchent des informations pour juger la valeur des autres. Beaucoup ont aujourd’hui le réflexe de googleler les noms de personnes pour recueillir des informations personnelles. Les individus entretiennent leur réputation et dans l’autre sens, les auteurs de revenge porn savent qu’en s’attaquant à cet espace, le châtiment n’en serait que décuplé et les représailles difficiles. La conscience de l’importance de l’image de soi sur internet est maîtrisée des générations y et postérieures.

Notes

1    Lauren Effron, ABC News,  “I love you, you’re perfect, but watch what you Facebook: social media prenups” [en ligne]. Consulté le 29/01/2017. URL : http://abcnews.go.com/Lifestyle/love-perfect-watch-facebook-social-media-prenups/story?id=23977608

2    Germaine Greer. Telegraph, “These ‘slut walk’ women are simply fighting for their right to be dirty” [en ligne]. Consulté le 29/01/2017. URL : http://www.telegraph.co.uk/women/womens-health/8510743/These-slut-walk-women-are-simply-fighting-for-their-right-to-be-dirty.html

3   Granjon Fabien, Denouël Julie, « Exposition de soi et reconnaissance de singularités subjectives sur les sites de réseaux sociaux », Sociologie 1/2010 (Vol. 1) , p. 25-43

4   Ethnologische Studien zur ersten Entwicklung der Strafe, Sebald Rudolf Steinmetz, 1894

5    Les grandes mutations qui transforment l’éducation 2016, OECD

6    Remove « revenge porn » from Google

7     Facebook revenge pornography trial ‘could open floodgates’, The Guardian, 9 octobre 2016

8    http://www.senat.fr/leg/pjl15-744.html

9     Loi numérique, Internet, lutte contre le djihadisme : Axelle Lemaire répond à Patrick Cohen, janvier 2016, France Inter.

10    2Girls1Mag.Chrystelle Charlier, “Babylone 2.0 : 52 000 connards” [en ligne]. Consulté le 22/01/17. URL :  http://www.2girls1mag.com/babylone-2-0-52-000-connards/

11    Neon. Pauline Grand d’Esnon, “Babylone 2.0, le groupe Facebook secret qui diffuse des photos volées de femmes nues” [en ligne]. Consulté le 22/01/17. URL : http://www.neonmag.fr/babylone-2-0-le-groupe-facebook-secret-qui-diffuse-des-photos-volees-de-femmes-nues-482095.html

12    Change.org. “Loi contre le forwarding d’images privées + journée de sensibilité #NotOnMyWeb” [en ligne]. Consulté le 22/01/17. URL : https://www.change.org/p/charles-michel-loi-contre-le-forwarding-d-images-priv%C3%A9es-journ%C3%A9e-de-sensibilisation?recruiter=317428027

13    Konbini.com.Juliette Geenens, “Babylone 2.0 : le groupe Facebook de mecs qui publient des photos de filles nues à leur insu” [en ligne]. Consulté le 22/01/17. URL : http://www.konbini.com/fr/tendances-2/babylone-2-0-groupe-facebook-secret-filles-nues-photos-privees/

14     Claudine Haroche, « Le caractère menaçant de l’humiliation » in Le Journal des psychologues, 6/2007 (n° 249), p. 39-44 [en ligne]. Consulté le 23/01/17. URL : https://www.cairn.info/revue-le-journal-des-psychologues-2007-6-page-39.htm

15     ibid.

16     Ada Garcia, Isabelle Dumont, “Harcèlement, violence intraconjugale, viol : enjeux, politiques et perspectives” in Corps de Femmes. 2002, Bruxelles, p.175-202.

17    Madmoizelle.com. Lady Dylan, “Je veux comprendre… le slut-shaming” [en ligne] Consulté le 27/01/17. URL : http://www.madmoizelle.com/slut-shaming-115244

18    En France, les premières dispositions sont prises dès 1980. La loi du 23 décembre élargit de manière générale la notion de viol à tout acte sexuel non-consenti. Un flou duquel les juges commencent à s’inspirer pour pouvoir considérer les violences conjugales. Mais la loi venant graver dans le marbre la notion de viol conjugale n’arrive en réalité en 1992, (cf. http://libertees.blog.lemonde.fr/2012/07/15/viol-conjugal-le-droit-avance/)

19    http://www.ifop.com/?option=com_publication&type=poll&id=2219

 

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