Le quantified self

par Théo Babilon & Ismaël Diakite

Introduction

Les nouvelles technologies sont à la genèse de nombreuses évolutions sociologiques. De nouvelles possibilités sont créées. Il devient désormais possible de créer son propre jeu de données : des données sur nous-même. De nombreux outils sont à notre disposition pour pratiquer la mesure de soi : bracelets connectés, balances nouvelle génération, capteurs, applications de partage… Les possibilités sont infinies.

Ainsi, cette nouvelle pratique consiste à agir en tant que « data scientist » de son propre corps : recueil de données, partage et analyse.  Dans un premier temps, le recueil des données sera l’exercice grandement facilité par les nouvelles technologies : il devient aisé de connaître ses performances personnelles sur divers exercices physiques. La question que l’on pourrait naturellement se poser est : « que faire de ces données ? ». Les profils sont variés : les sportifs pourront suivre l’évolution de leurs performances, les fumeurs pourront suivre l’évolution du nombre de cigarettes fumées de manière hebdomadaire, les personnes malades pourront suivre l’évolution de leur traitement. L’analyse de ces données est primordiale : c’est ce qui ajoute de la valeur à la donnée. Ce qui va réellement nous intéresser ici est le troisième aspect de cette nouvelle pratique : le partage. Avec qui ? Comment ? Pourquoi ? Quelles sont les motivations ?

Le Quantified Self, ou la mesure de soi, pourrait être défini comme une pratique de quantification des données dans une optique d’amélioration personnelle constante. Au-delà des différents aspects déjà cités, c’est aussi : la santé connectée, le poids, le sommeil, l’humeur… C’est un effet de bord du développement du web 2.0 et de ses nouvelles pratiques. Nous pouvons notamment citer le phénomène « big data », très utilisé par le plus informaticiens d’entre nous (et les autres). Le big data, c’est l’analyse de données massives, de toutes sortes, dans un but de création de valeur avec des données toujours plus diversifiées. C’est le grand enjeu du big data, et le quantified self pourrait être défini comme une conséquence du développement du big data : nous cherchons à créer de la valeur à partir de données recueillies sur nous-même, et là est l’originalité.

Comme toutes les nouvelles pratiques, le quantified self vient avec de nouveaux questionnements : comment s’insère cette pratique dans une société de plus en plus poussée par le partage d’information ? Nous verrons ainsi dans un premier temps quels sont les enjeux et aboutissement du quantified self, puis nous verrons comment ce phénomène devient social de manière virale, notamment au travers des communautés dédiées au partage entre sportifs.

1. Le quantified self et ses enjeux

Le quantified self est souvent assimilé au recueil des données sur son propre corps. Cette définition du quantified self, ou mesure de soi, n’est pourtant pas juste. Cela regroupe les nombreuses pratiques annexes au recueil simple des données via des capteurs, bracelets ou autres : l’analyse et le partage. Cela découle d’un réel besoin humain datant de « l’avant web 2.0 » : les gens étaient dépendants de services sur lesquels ils n’avaient pas de contrôle direct. Plusieurs exemples apparaissent : les sportifs n’avaient pas de contrôle sur leurs performances et étaient entièrement dépendants de coachs sportifs. Les malades étaient entièrement dépendants de leur corps médical pour effectuer un suivi exact de leur traitement.

Le Web répond à ce besoin par les libertés qu’il apporte : il est désormais possible de s’éduquer personnellement pour devenir une meilleure version de nous-même. C’est une quête sans fin d’amélioration personnelle et le quantified self s’inscrit parfaitement dans ce contexte. Il est aujourd’hui aisé d’apprendre les méthodes d’analyse des données qui permettront d’optimiser les actions à mettre en œuvre pour parvenir à effectuer ce que l’on recherche. C’est le numérique qui est au service de l’humain, notion qui n’était pas vraie aux prémices de ce nouvel outil de communication. Ainsi, des services auparavant humains et dont nous dépendions peuvent être remplacés par nous-même et les sciences numériques : c’est la magie du quantified self. Cette magie est accessoirement rendue possible par la mise à disposition en masse d’outils de plus en plus modernes. Un bracelet récupérera aujourd’hui toutes sortes d’informations vous concernant, et cela nous paraît normal. Par ailleurs, le développement des smartphones va grandement contribuer à l’expansion du quantified self. Cela tend à devenir notre base de données de poche. Toutes nos applications permettent le recueil des données envoyées par les différents objets connectés que nous possédons : bracelet, balances, capteurs… Les applications constituent elle le cerveau de nos données : elles permettent le stockage et l’analyse de ces dernières.

Le développement des réseaux sociaux sont par ailleurs associés à la facilité d’accès que nous apportent les smartphones. Les réseaux sociaux, tels nos smartphones, sont omniprésents : nous allions aujourd’hui réseaux sociaux et mesure de soi. Pourquoi ne pas profiter des réseaux pour partager ses propres performances, et ainsi pouvoir se comparer aux autres ? N’est-ce pas ce que ne faisons naturellement au quotidien, sans s’en rendre compte ? L’humain analyse son entourage et en tire des conclusions pour se préparer aux situations similaires futures. Le partage est ainsi une part importante dans le quantified self. Différentes motivations pourraient être identifiées : partager c’est à la mode, chercher à comparer ses performances, chercher à donner/recevoir des conseils, faire des rencontres…

Tous ces aspects du quantified self paraissent positifs puisqu’ils permettent une nouvelle forme de sociabilité. Cependant, il est aisé d’identifier certains travers qui peuvent être perçus comme dangereux par les spécialistes concernés. Le premier exemple à citer ici est celui de la santé : l’auto-médication est dangereuse. Le quantified self pousse pourtant à écouter son corps et lui apporter les éléments nécessaires à son évolution. Sans aide extérieur aucune. Les seules indications données proviennent d’applications diverses, dont les sources sont parfois méconnues. L’aspect scientifique donné à ces applications permettent à l’utilisateur de se sentir et confiance et d’adapter son mode de vie aux dires de ces dernières. Il existe même des applications permettant le suivi régulier de ses traitements, ainsi que des conseils personnalisés en fonction de différents symptômes ressentis par les patients. La même chose peut être vue dans le domaine sportif, où les prérequis sont très précis et nécessitent des connaissances précises en terme de nutrition. Le quantified self cherche à couper les frontières que séparent les utilisateurs des spécialistes, notamment en termes de connaissances.

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Par ailleurs, il est nécessaire ici d’aborder la question de la « gamification » de la société. Aujourd’hui, tout ce qui fonctionne est ludique. C’est une condition presque première pour qu’un concept puisse durer. Le quantified self n’y échappe pas, notamment dans le cadre des réseaux sociaux de partage et applications dérivées. Le but est simple : exploiter les données des utilisateurs pour les mettre en compétition. La mesure de soi n’est plus uniquement personnelle, comme son nom l’indique, mais tend à devenir une mesure de soi par rapport aux autres. C’est la nuance qui permet à l’utilisateur de tenter de se dépasser pour atteindre ses propres objectifs, mais aussi pour tenter de dépasser ceux d’autres personnes qui partagent les mêmes activités (notamment dans un cadre sportif). La limite avec une forme de narcissisme est étroite : ne cherche-t-on pas à devenir meilleur que les autres juste pour « être le meilleur » ? Cette quête infinie du « devenir meilleur » peut rapidement se transformer en une forme de narcissisme, notamment dans le cadre de communauté en ligne, où les membres sont poussés à partager leurs performances pour recevoir les louanges d’autres membres. On touche directement à la sensation d’appartenance à un groupe que peuvent ressentir les membres d’une communauté. Ils se sentent alors obligés de surpasser les autres pour être une part intégrante du système et être reconnus pour leurs exploits plutôt que pour leur propre personne.

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Au-delà de cet aspect, le quantified self ne peut être considéré comme une mesure sur le long terme : d’après le cabinet Endeavour Partners, un tiers des personnes équipées en quantified self (bracelet, balances, …) délaissent leur nouveau matériel au bout de six mois. 40% des personnes délaissant leurs nouveaux « jouets » le font par lassitude ou par oubli. Le quantified self ne touche ainsi pas tout le monde, malgré l’explosion récente de ces « auto-mesures ». Cela peut être la traduction de la crainte qu’attire le jeu des données auprès des utilisateurs les plus méfiants. En effet, le quantified self n’est qu’un jeu auquel joue l’utilisateur en recueillant des données et en les partageant, à la différence que ces données sont très personnelles puisqu’elles touchent directement la santé et la vie de ces utilisateurs. Or, la sécurité de ces données n’est en rien assurée. Aucun organisme tout-puissant ne contrôle toutes les applications de quantified self ou tous les outils permettant le stockage de données personnelles : il y a donc un vrai risque de manipulation à grande échelle des données personnelles des utilisateurs.

Malgré ces dangers, le quantified self s’inscrit tout de même logiquement dans le développement du web et viendra accompagner la transition vers le 3.0, qui sera très certainement caractérisée par la data. En effet, les données représenteront la matière première du web 3.0 et le quantified self tend à se développer de la même façon. Le point clé est la personnalisation des données : « personal data ecosystem ». La richesse du web et des différents médias a considérablement accru les contenus générés par les utilisateurs. La personnalisation du contenu, apporté par le quantified self, ajoute une réelle valeur à la donnée.

Le quantified self peut aussi devenir une nouvelle source d’interactions sociales. Au-delà des différentes applications mobiles ou communautés dédiées au partage, il existe des services (« 42Goals » est un exemple) permettant d’interagir socialement sans utiliser les méthodes habituelles des réseaux : photos, tweets, … Il s’agit ici de faire parler la donnée pour vous. Ces services utilisent vos données personnelles pour générer des interactions sociales avec d’autres membres : le service « Mooscope » en est le parfait exemple. Ce service va ainsi envoyer un e-mail à vos amis lorsque votre humeur change : ayez les idées noires, et vos amis seront immédiatement informés !

Aussi, de nouvelles possibilités commerciales sont amenées par le quantified self. Les entreprises cherchent sans cesse à recueillir de la donnée sur des clients potentiels. Cela leur permet notamment d’adapter leurs offres en fonction des analyses de données pour tenter de vendre mieux leurs produits ou services. Les données du quantified self ouvrent donc un champ inespéré de possibilités pour les entreprises puisqu’elles sont justement très personnelles : cela permettraient d’adapter son produit (ou service) parfaitement au mode de vie du client ciblé. De nombreuses questions éthiques doivent cependant se poser dans le cadre du partage des données aux entreprises. Si les adeptes du quantified self acceptent de partager ces données (ce qui n’est pas forcément naturel de part leur aspect très personnel), elles ne doivent en aucun cas être utilisées contre eux. De nombreux abus pourraient être pratiqués par les organismes récupérant ces données. Prenons l’exemple des assureurs : les adeptes du quantified self seraient-ils prêts à partager leurs données de santé (état de forme) pour bénéficier de cotisations personnalisés ?

Certains assureurs ont déjà tenté de créer des services similaires : AXA a tenté de proposer un produit d’assurance associé au bracelet connecté « Pulse ». Ce service n’a pas eu le succès escompté. Selon un sondage de News Assurances, 73% des assurés refuseraient de transmettre leurs données personnelles à leur assureur, et ce même en cas de réduction tarifaire. Cela traduit une réticence prononcée des français envers le partage de données personnelles, ce qui pourrait être un frein au développement axé commercial du quantified self. De manière additionnelle, cela soulèverait aussi d’autres questions. Un individu « non-connecté » serait-il victime de discrimination par les prix ? Il est clair que les données personnelles produites par le quantified self soulèvent énormément de questions puisqu’elles représentent directement le mode de vie des adeptes et des craintes sont souvent ressenties.

Toutes ces informations nous montrent bien l’importance du quantified self dans le quotidien des adeptes soucieux de contrôler leur mode de vie pour devenir une meilleure version d’eux-mêmes. C’est l’un des aspects fondamentaux et il est intéressant d’appliquer nos réflexions aux sportifs, particulièrement touchés par ce phénomène. Les communautés de sportifs deviennent de plus en plus populaires et il est intéressant de se questionner sur le rôle social que peut avoir le quantified self dans ces dernières.

2. Le rôle social du quantified self dans les communautés sportives

De nombreuses personnes ayant recours au quantifield self, collectent, analysent puis partagent leurs données. Ce partage d’informations personnelles peut permettre aux individus de maîtriser une partie de leurs traces numériques. En effet, lors que l’on navigue sur le web, on laisse souvent des données, des traces sans le vouloir. Ces informations sont ensuite utilisées par certaines entreprises, par exemple dans une optique de marketing. Avec le quantified self, l’internaute qui choisit de partager ses données est conscient et d’accord avec les traces qu’il laisse sur le web.

Ces dernières années, les sportifs, professionnels ou amateurs, ont de plus en plus recours au quantified self. Au début, seuls les athlètes de haut niveau avaient accès à des données collectées par leurs coachs et préparateurs physiques. Dans les sports collectifs par exemple, les staffs des équipes se servaient de GPS, de cardiofréquencemètres, etc. Avec la démocratisation du quantified self, il n’est plus nécessaire d’être un sportif de haut niveau pour collecter des données personnelles. Désormais de nombreux athlètes, de tous niveaux, se servent du quantified self dans leurs pratiques sportives. Selon Emmanuel Gadenne, consultant en usages du numérique et spécialiste du quantified self, cette pratique entraîne deux changements majeurs dans le mode de vie des utilisateurs. Tout d’abord, le quantified self apporte de nouvelles possibilités et amène une facilité d’utilisation. Par exemple l’utilisation d’un podomètre est simple mais noter et comparer tous les jours le nombre de pas parcourus peut être fastidieux. Avec le quantified self, les données se sauvegardent automatiquement. Autre changement, c’est la possibilité de partager simplement ses données : ce facteur est sans doute au centre de tout le processus du quantified self. Dans le domaine du sport, le quantified self n’est pas une révolution totale. Par exemple, depuis une dizaine d’années, les programmes de régime comme Weight Watchers incitent leurs membres à compter les calories de leurs repas et participer à des réunions d’entraide. Mais le quantified self, grâce à une technologie de plus en plus développée, permet de développer de plus en plus de potentialités et facilite certains usages.

Pour notre travail, nous avons souhaité utiliser la méthode du questionnaire sociologique. Nous l’avons transmis à la fois à des communautés sportives (groupes facebook notamment), à des contacts personnels et à des groupes d’étudiants. La majorité des participants étaient des hommes (60%). Les individus ayant répondu ont au maximum 35 ans et la plupart se situe dans la catégorie d’âge des 18-25 ans (70%). Parmi les personnes interrogées, près de 80% ne connaissait pas le terme « quantified self », alors que la moitié déclare utiliser un service pour collecter des données sur soi-même (site internet, application, bracelet connecté, etc.). L’utilisation du quantified self au sein de la population interrogée se concentre essentiellement sur trois thématiques : performances sportives (32%), suivi du quotidien (28%) et suivi du poids (25%). On observe que le suivi médical et les autres thématiques sont minoritaires et très peu exploitées par les utilisateurs sondés. Peut-être que les individus préfèrent faire confiance à un avis extérieur sur les questions de santé, excepté pour le suivi du poids. Une autre hypothèse concerne la difficulté d’interprétation et d’analyse des données personnelles. Si le quantidfied self est pratique pour, par exemple, compter le nombre de pas que l’on fait par jour ou suivre la courbe de son poids, c’est en revanche plus compliqué de comprendre les données médicales. Sans avoir des connaissances en médecine, il paraît difficile d’appréhender clairement une multitude de données sur sa santé personnelle. Cela inciterait donc les utilisateurs du quantified self à ne pas recueillir de données concernant le suivi médical, mais plutôt de se tourner directement vers des médecins.

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Captures d’écran de l’application Runtastic

Pourtant, le sport-santé est de plus en plus en vogue. Avec le quantified self, il semble que le sport occupe une place plus importante que le sport-santé, sauf pour les questions de poids. Nous avons donc choisi d’approfondir notre questionnaire en axant notre sujet sur le quantified self et les communautés sportives. Parmi les personnes interrogées, 60% d’entre elles dit faire partie d’une communauté sportive en ligne (Runtastic, groupes Facebook, Nike +, etc.). Les raisons d’une présence au sein d’une communauté sportive en ligne sont diverses mais essentiellement liées à deux préoccupations : avoir et/ou donner des conseils (21%) et comparer ses performances à celles des autres (18%). En revanche, seul 3,5% des personnes consultées utilisent le quantified self pour l’effet de mode et aucune n’a déclaré se servir du quantified self pour faire des rencontres. Une autre réponse qui peut paraitre étonnante : 82% des sondés estiment que le quantified self n’est pas obligatoire/nécessaire pour faire partie d’une communauté sportive. Cela semble paradoxal alors que pour 1 personne interrogée sur 5, l’objectif et l’intérêt des communautés sportives en ligne est de pouvoir comparer ses performances à celles des autres. Or, comment comparer ses exploits, sa progression, sans avoir recours à un recueil de données ? Selon Pierre Guyot, journaliste et auteur de l’ouvrage « Quantified self : les apprentis du moi connecté », le quantified self amène la conséquence suivante : de nos jours, c’est nécessaire pour un sportif de quantifier ses performances mais également de les comparer. Le quantified self aurait donc un rôle social essentiel dans le sport. Mais cette nécessité pourrait causer du tort au quantified self : l’auteur explique qu’à moyen terme, le terme « quantified self » pourrait se banaliser et donc disparaître.

Utilisé dans une logique de performance sportive, le quantified self apparaît comme ayant plusieurs rôles sociaux : instaurer un cadre (faire du sport, partager ses données, dialoguer au sein de la communauté, etc.), une logique de compétition (comparaison des performances, classements…) ou encore partager des expériences. Cependant, le quantified self « sportif » représente aussi un enjeu dans le secteur du big data pour les entreprises. Par exemple, l’application RunKeeper, utilisée par 20 millions de personnes, collecte un nombre de données considérable et très précise sur chaque utilisateur. Ces informations peuvent être réutilisées pour de la publicité très ciblée par exemple. La position de Nike semble être au carrefour du quantified self : Nike possède une communauté sportive (Nike +, centrée sur le running) et des objets connectés, récolte de multiples de données sur les utilisateurs et peut donc ensuite parfaitement orienter ses campagnes de publicités en fonction des besoins de chacun. Ici, le quantified self apparaît comme un outil utile au client mais surtout à la marque. En accédant à un large éventail de données (poids, taille, fréquence d’entraînement, matériel et équipement utilisé, etc.), il est possible de profiler très précisément chaque individu. Que deviennent les données partagées par les membres des communautés sportives ? Sont-elles réutilisées ? Par qui ? Les réponses à ces questions sont assez floues pour le moment.

Aussi, la CNIL se penche sérieusement sur le dossier du quantified self. L’organisme a d’ores et déjà donné 4 recommandations : partager ses informations auprès d’un cercle de confiance, ne pas automatiser le partage des données vers d’autres services, utiliser si possible un pseudonyme, effacer ou récupérer ses données lorsqu’un service n’est plus utilisé. La CNIL souhaite réguler le cadre de l’utilisation des données du quantified self, notamment dans les domaines du sport et de la santé, et sensibiliser les utilisateurs. Sur le papier, des lois empêchent déjà les entreprises de s’approprier certaines données dites sensibles. Cependant, il n’existe aucune norme spécifique au quantified self. La sécurité autour de la vie privée est un domaine opaque. De plus, on ignore si les bases de données issues du quantified self sont sécurisées ou non.

Conclusion

Le quantified self est une pratique qui se développe de plus en plus. Les domaines les plus touchés sont le sport et la santé. Le quantified self devient omniprésent dans le sport, aussi bien amateur que professionnel. Son essor pose différentes questions. Certaines sont relatives à son utilisation : pourquoi quantifier ses données, pourquoi les partager, etc. Au-delà de la plus-value pour le sportif, le quantified self joue un rôle social très important pour les athlètes. Ces derniers utilisent le quantified self au sein de communautés, via des sites Internet ou des applications. Les communautés sportives servent essentiellement à comparer les performances et à donner des conseils. Ainsi, le quantified self devient une sorte de « ligue sportive 2.0 », avec des échanges, des performances classées, etc. Le quantified self apparaît donc essentiel dans l’univers du sport 2.0. Néanmoins, ce phénomène soulève aussi de nombreuses questions, notamment autour de la réutilisation des données. Avec le quantified self, les individus sont conscients des données qu’ils partagent. Cependant, personne ne sait réellement où ces données sont conservées et si elles sont réutilisées. Le quantified self, maillon essentiel du sport 2.0, semble donc au centre de différentes thématiques et problématiques sociales.

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